article comment count is: 0

L’œuvre de Didier Besongo Booto exposée par le Bureau Wallonie-Bruxelles à Lubumbashi

La première exposition solo à Lubumbashi de l’œuvre de l’artiste visuel Didier Besongo Booto connait déjà un succès. Vernie le 03 novembre 2023 au Bureau Wallonie-Bruxelles International, cette œuvre démontre la capacité de l’artiste à se mettre en phase avec son époque, en recourant à la technologie numérique pour peindre ses toiles. Son talent suscite l’engouement des visiteurs qui viennent toujours nombreux.

Cette exposition à voir jusqu’au 02 décembre 2023, est intitulée : « Cycle. » L’artiste Didier Besongo explique : « C’est une création graphique fondée sur l’idée de peinture numérique développée depuis 2020 et que j’appelle ‘Conte 2bebe’. Il s’agit d’un enchainement d’histoires à raconter sous forme de module graphique. »

En effet, visiter cette exposition, c’est partir à l’aventure. Sur place, vous êtes accueilli par un décor qui sort de l’ordinaire : un dispositif géant permettant la projection d’une vidéo dont l’image est à voir dans un lavabo rempli d’eau, à côté d’autres objets, dont un téléphone.

Les dessins créés par l’artiste grâce aux programmes informatiques, présentent nombre de tableaux d’événements vécus par différentes  figures de proue de notre histoire commune. Pour Besongo, il s’agit d’« éveiller la conscience de son public sur l’essence même de l’âme africaine, en initiant un débat sur des questions africaines les plus urgentes soulevées déjà à l’époque, par les figures représentées ».

Des histoires à raconter

Toutes les histoires que raconte Besongo à partir de son art se fondent sur une chose : la nécessité de faire de l’art avec ce que l’on a, avec les moyens du bord. Il y croit mordicus. Car, pour lui, le changement ne prévient toujours pas.

Cette idée de recycler pour remettre quelque chose dans un cycle de vie, est à prendre à plusieurs titres. Par exemple, remettre dans un cycle de vie les luttes de liberté et d’émancipation menées par nos aînés, comme Lumumba et bien d’autres de son époque, en vue d’assurer un avenir meilleur à notre pays. C’est aussi ce qui est fait à Lubumbashi, avec des espaces d’art pour la plupart subventionnés par des pays étrangers, donnant des cadres d’expression à des artistes d’une ville dépourvue d’académie des arts.

Quand on connait Didier Besongo, très vite on se rend compte que l’artiste a du mal à se défaire de sa propre personne dans son expression artistique. La technique qu’il a développée pour produire cette œuvre en est l’illustration parfaite : elle rappelle ses moments de captivité dans un pays étranger, pour dépassement de visa. En détention, Besongo n’a rien d’autres que son stylo et ses papiers. Il griffonne, dessine, peint des œuvres d’art, pour tuer le temps comme on dit. Cela lui permet d’être admiré par les autres détenus. « C’est l’art qui m’a permis de m’en sortir », témoigne-t-il.

Au plus  fort de la pandémie du Covid-19, Didier Besongo développe un concept de narration d’histoires à partir des logiciels du numérique. Et c’est même l’aboutissement de l’œuvre qui est présentée dans cette exposition à Lubumbashi.

Autres histoires racontées par lui, ce sont des tableaux peints du roi M’siri et Jean Bosco Mwenda Wa Bayeke, une icône de la musique katangaise, d’heureuse mémoire. Ces toiles ont fait déplacer la princesse des Bayeke Dominique Munongo, pour admirer la créativité de l’artiste qui a honoré toute une dynastie.

Quoi que l’on dise, l’exposition « Cycle » est une interpellation à recycler, notamment, remettre dans des cycles de vie, toutes nos valeurs, ainsi que notre savoir-faire. C’est aussi en cela que l’œuvre de Besongo est un succès !

 

Est-ce que vous avez trouvé cet article utile?

Partagez-nous votre opinion