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Projet Katalicc : un appui à l’entrepreneuriat culturel à Lubumbashi

« Comment aller de la passion au business dans le domaine de la culture ? » Cette question peut paraitre banale pour certains, mais elle a toute son importance dans une ville de Lubumbashi dépourvue d’une académie des arts et où presque tout manque.

Depuis 2015, Lubumbashi a été reconnue et nommée ville créative de l’Unesco dans le domaine de l’artisanat et des arts populaires. Si l’esprit créatif est bien présent chez les jeunes avec leur envie de rêver, imaginer, créer et faire bouger les lignes, il faut reconnaitre que beaucoup pratiquent encore leur art par passion. C’est dans ce contexte qu’est né le projet Katalicc. Il s’agit d’un fonds d’appui pour l’entrepreneuriat culturel, fonds mobilisé par l’ambassade de France en RDC, en collaboration avec ses partenaires, notamment : le Centre d’innovation de Lubumbashi (Cinolu), Waza centre d’art et Khub Création.

« C’est une bouffée d’oxygène qui tombe à point nommé pour les industries culturelles et créatives de Lubumbashi », se félicite Meschack Kakule, chargé de programme à Waza centre d’art. C’était lors de la visite effectuée le 26 janvier 2024 par Thomas De Douhet, directeur de l’Institut français de Lubumbashi (Halle de l’étoile).

Les porteurs de projets

Ils sont six au total pour cette première cohorte. Retenus après une phase de sélection suite à un appel à projets, les six jeunes porteurs de projets ont été répartis en deux groupes supervisés par deux incubateurs : Waza centre d’art de Lubumbashi et Khub Création. Il s’agit de Divine Beloti, Dan Kayeye et Matthieu Mwehu pour le premier ; Jackson Bukasa, Serano Altamaria et Héritier Twite pour le second.

« Il est question de travailler à rendre plus présentables et plus réalisables leurs projets qui étaient déjà magnifiques », explique Douglas Masamuna, patron de Khub création. Avec Lushitrap, une plateforme en ligne de diffusion de musique par exemple, Divine Beloti pense à l’instauration d’un modèle économique, à travers la promotion de la musique katangaise.

La concrétisation des projets

En fait, ce n’est pas de l’argent jeté par la fenêtre. Les incubés ont bénéficié d’un accompagnement pédagogique et financier pour mener à bien leurs projets. Après des phases de pré incubation et d’incubation proprement dite, les porteurs de projets sont actuellement à l’étape d’accélération. C’est-à-dire l’étape de concrétisation de leurs projets, avec des prototypes présentables. Les incubateurs n’ont pas été oubliés. Ils ont bénéficié d’un appui logistique, notamment : l’octroi d’un kit solaire et de matériels nécessaires au renforcement de leurs capacités. Une mise en condition nécessaire, quand on sait que pour bien fonctionner, les incubateurs ont besoin d’accéder sans difficulté à l’électricité et à certaines technologies de pointe.

Pour le projet Katalicc, tout semble clair : le passage de la simple passion à l’échelle de business dans le domaine de la culture passe obligatoirement par la formation, l’éducation et le renforcement de capacités des incubateurs et des incubés. Condition sine qua none si l’on veut booster la créativité locale !

Avec cette volonté de pousser les créateurs à penser business, le projet Katalicc s’érige en véritable acteur de changement dans le domaine de la culture. Rendez-vous à la prochaine publication d’appel à candidatures, en vue de la deuxième cohorte du projet Katalicc !

 

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