article comment count is: 1

24 avril 1990, Mobutu restaurait le multipartisme, quel résultat aujourd’hui ?

La démocratie congolaise totalise 28 ans jour pour jour ce 24 avril. Pourtant, le pays stagne. À qui la faute ? À Mobutu ou à ses successeurs ? C’est très important que les Congolais se rappellent ce jour du 24 avril. Qui ne sait pas d’où il vient, ne saura jamais où il va, dit-on.

De la période pré-multipartisme, Colette Braeckman écrivait : « Sous la pression à la fois extérieure et intérieure, les régimes en place lâchent du lest et donnent des gages, dont le premier est le multipartisme. Mais […] les massacres et les grèves qui accompagnent l’ouverture décrétée au Zaïre […] démontrent que le multipartisme, pour être crédible, doit s’accompagner de la mise en place de contre-pouvoirs… »

Mobutu cède sous contrainte

Après une forte pression populaire et internationale, le 24 avril 1990 donc, le président Mobutu annonce le rétablissement du multipartisme. Il revient ainsi à ce qu’il avait supprimé depuis la Constitution de 1967. En plus, ce n’est pas un multipartisme intégral qu’il rétablit : il instaure plutôt un système à trois partis politiques.

Le maréchal se voit obligé à renoncer à son rôle de chef du parti au pouvoir, le Mouvement populaire de la révolution (M.P.R.). Une décision difficile à prendre, si bien que dans son discours, Mobutu s’écrie : « Comprenez mon émotion ! » Il laissa échapper quelques larmes. Désormais il se place au dessus de la mêlée et se présente comme l’arbitre du jeu politique zaïrois.

Ceci ne peut que nous rappeler ce que nous voyons aujourd’hui : un président qui veut jouer à l’arbitre pour trouver une solution à une crise qu’il a lui-même créée ! L’histoire se répète donc. Aussi, dans le même discours du 24 avril 1990, Mobutu annonçait une transition d’un an. Et un an, c’est également ce qui est fixé aujourd’hui dans l’accord de la Cenco.

De transitions en transitions

Cette transition du temps de Mobutu s’est faite avec différents gouvernements d’union nationale dirigés par des opposants. Seulement voilà, prévue pour un an au départ, la transition a duré sept ans. Et Mobutu était toujours au pouvoir, jusqu’à l’entrée de la rébellion de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL).

Aujourd’hui encore, après la fin constitutionnelle du dernier mandat de Joseph Kabila, un opposant, Samy Badibanga, a été désigné pour diriger la transition. Ensuite, un autre opposant : Bruno Tshibala. Nous attendons son gouvernement après celui de Badibanga.

Tout porte à croire que le gouvernement Tshibala pourrait à son tour être remplacé, car il ne fait pas l’unanimité. Ainsi, on risque encore d’aller de gouvernements de transition en gouvernements de transition comme dans la décennie 90. L’histoire devrait nous éclairer pour éviter cela !

Par devoir de mémoire, apprenons de notre passé pour mieux construire le présent et le futur. C’est dommage que nos politiques se comportent de la même manière qu’il y a bientôt 30 ans. Pourtant, on le sait : les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Partagez-nous votre opinion

Les commentaires récents (1)

  1. Ma wa na ba politiciens na biso. sont là non pas pour le peuple mais pour leur propre intérêt en courant de rire les poste au lieu de sauver la misère de la population .le Bruno et les autre octroi encore la dictature de régné

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure utilisation sur ce site web.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Si vous souhaitez en savoir plus sur les cookies que nous utilisons, veuillez lire notre politique relative aux cookies.