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Bukavu : les constructions anarchiques, un danger public ! 

Environ une centaine de personnes ont perdu la vie ces deux dernières années, emportées par les eaux des pluies dans différents quartiers de Bukavu. Une ville qui est mal construite dans une zone montagneuse. Quand la pluie s’annonce, les Bukaviens ne dorment plus tranquillement

A chaque pluie, un grand nombre de maisons s’écroulent à Bukavu et plusieurs personnes perdent la vie. La mairie se limite à l’annonce de mesures préventives pour lutter contre les constructions anarchiques mais qui ne sont pas souvent respectées.

Les maisons poussent comme des champignons dans les sites qualifiés d’impropres à la construction par l’autorité urbaine. Ces maisons sont érigées sur les flancs des collines ou dans des vallées pour la plupart marécageuses, avec mille pour-cent de risques d’érosion.

Tout s’arrête avec la pluie à Bukavu

« Quand la pluie s’annonce pendant la journée, je me dépêche de fermer ma boutique et de rentrer à la maison pour placer les matelas, habits et autres effets essentiels dans le plafond afin d’éviter qu’ils soient mouillés. J’en profite aussi pour accrocher mes chaises au  plafond. Quand ça gronde la nuit, ah ! Plus question de sommeil pour toute mon équipe. On se lève pour sauver ce qui peut l’être », explique Mechola, un habitant de la vallée marécageuse de Luziba entre la place Mulamba et le Camp Saio à Bukavu.

« Il m’est arrivé de manquer l’école à cause des inondations dans notre maison. La pluie nous a surpris la nuit et tous mes habits, y compris mes uniformes scolaires étaient sous les eaux. Pourtant, on avait examen ce jour-là ! », regrette Nadia, élève au lycée Wima. Sa voisine d’environs 19 ans a perdu la vie cette nuit-là. Electrocutée lors des inondations dans sa chambre. Les eaux avaient déjà atteint le niveau de la prise du courant électrique, quand elle s’est levée et a mis les pieds dans l’eau.

« Vivre par la grâce »

Dans plusieurs endroits, on remarque certaines constructions en formes de pilotis. Le propriétaire de la parcelle érige d’abord des sticks d’arbres ou des planches avant de construire dessus pour éviter les inondations. « Notre santé est en danger car les eaux inondent même nos toilettes et se retrouvent dans nos cuisines, salons et chambres. Je peux affirmer que nous vivons par la grâce ! », affirme Marius, 59 ans père de famille.

C’est devenu une habitude de pleurer une famille entière à Bukavu. Les gens disparaissent dans les maisons qui s’écroulent surtout dans les collines de Bouguigon à Muhungu dans la commune d’Ibanda et à Kabwa-Kasirhe à Rukumbuka dans la commune de Kadutu. C’est aussi le cas dans le bassin versant du lac Kivu vers le collège Alfajiri.

« L’autorité provinciale avait désigné huit sites impropres à la construction des maisons à Bukavu. Mais les gens s’en foutent. La mairie et les services de l’urbanisme et habitat ne s’imposent pas ! », regrette Furaha, habitant d’Irambo sur la colline du Camp Saio.

En 2014, une commission de lutte contre ces catastrophes a été créée et renforcée. Elle a même commencé à identifier et signaler par une croix rouge les maisons construites anarchiquement. Eligible pour la destruction. Curieusement jusqu’à présent, les occupants y vivent encore car ils ont montré les documents délivrés par certains agents de l’Etat les autorisant à bâtir dans ces lieux.

Mieux vaut prévenir que guérir !

La pluie ne doit plus continuer à faire tant de victimes à Bukavu, alors que cela est évitable. L’autorité urbaine ou provinciale ne devrait plus attendre les conséquences pour agir.

Elle ferait mieux de s’attaquer aux causes en commençant par identifier et punir conformément à la loi, ceux qui attribuent des autorisations de bâtir sur ces sites dangereux. Ensuite, ils doivent s’occuper de relocaliser ces habitants en étendant la ville au Nord vers Kashusa, ou au Sud vers Nyantende. Sinon, à chaque grondement de tonnerre, on se demandera qui sera le prochain enseveli.

 

 

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Les commentaires récents (3)

  1. Le titre est très différent du corps de l’article dommage. Construction anarchique, un danger public mais lequel est-ce alors? Là on revient sur la pluie seulement

  2. On aurait eu besoin d’une présentation de la situation, citer ces endroits où le fait est remarqué, une implication de l’autorité pour y mettre fin, …

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