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Bukavu : des fissures qui inquiètent

Depuis février 2008, une dizaine de tremblements de terre ont secoué la ville de Bukavu et ses environs. Ils ont fait des morts, des blessés et d’importants dégâts matériels. Le sol et plusieurs maisons sont fissurés, mais les habitants y vivent toujours malgré les risques. Les responsables d’écoles et les parents s’inquiètent.

De Kadutu jusqu’à Bagira en passant par la commune d’Ibanda, la situation est la même. Le sol est fissuré, surtout dans les zones à forte pente. A Karhale, pas besoin de lunettes pour observer la dégradation de la situation. Il suffit d’un petit tremblement, par exemple celui causé par des gros engins pour que tout le quartier soit par terre.

J’ai visité une maison où logeaient deux familles à Bukavu. A l’intérieur, des fissures partout. Par terre, le salon est divisé comme un continent sur une carte géographique. Chaque chaise se trouve sur sa propre motte de terre. « C’est la situation dans laquelle nous vivons depuis le dernier tremblement  de terre », explique maman Nicole, responsable de la maison. Elle ajoute : « nous n’avons nulle part où aller. Que ce soit dans le salon ou dans la chambre, c’est la même chose. Chacun des quatre piliers de nos lits se trouve dans son coin divisé. Quand le tonnerre de la pluie gronde, ou lorsque le vent souffle, c’est toute la famille qui est en alerte et fini le sommeil ! »

« Nous vivons par la grâce de Dieu »

Je quitte Karhale pour l’hôtel des postes, en plein centre-ville de Bukavu. Cette bâtisse a été construite à l’époque coloniale. Ce bâtiment administratif a été aussi fissuré suite au tremblement de terre d’une forte magnitude qui a secoué la ville de Bukavu en 2008.  Alors maintenant à chaque tremblement de terre, son état s’aggrave. Pourtant, cette grande maison abrite actuellement plus d’une cinquantaine de services, notamment des stations radios et télévisions, des studios, églises et même des restaurants.

« Nous œuvrons ici par la grâce de Dieu. D’ailleurs, nous ne savons pas pourquoi cette dalle ne s’écroule pas sur nos têtes, car vous n’êtes pas sans ignorer que l’hôtel des postes de Bukavu a connu un incendie en 2013. Un jour, vous entendrez une mauvaise nouvelle car ce bâtiment va s’écrouler bientôt. Malheureusement, l’Etat ne songe même pas à sa réhabilitation », raconte un cadre qui a un bureau dans ce complexe.

Les chefs d’établissement scolaires craignent pour la sécurité des élèves 

Alors que les tremblements de terre se multiplient, plusieurs chefs d’établissements scolaires envoient des communiqués dans les médias dans lesquels ils demandent de l’aide pour la réhabilitation de leurs écoles fissurées ou détruites, craignant pour la sécurité des élèves. Il en est de même pour les pasteurs des églises. « J’ai fui l’église en jetant l’eucharistie, quand il y a eu le tremblement. Et j’ai pris le large avec les autres. Seul le prêtre est resté là. Mais avant même que ne n’arrive à l’extérieur, le tremblement avait déjà pris fin. Mais j’ai décidé de foncer à la maison », raconte mon amie Alice, de la paroisse de Nguba.

Aucune famille en détresse n’a été relogée. Aucun bâtiment de l’Etat abimé par un tremblement n’a été réhabilité, sauf le gouvernorat de province qui est en travaux. Les demandes d’aide des écoles et églises restent sans suite. A Bukavu tout le monde est exposé à la catastrophe si rien n’est fait en urgence. Selon les sismologues du Centre de recherche en sciences naturelles de Lwiro, même les tremblements de faible magnitude qui passent inaperçus peuvent occasionner le pire.

 

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