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Chères femmes, ne restez pas muettes !

Les femmes de Mbujimayi sont très loin de comprendre qu’elles peuvent jouer un rôle déterminant dans le processus électoral. Elles n’osent même pas imaginer qu’un jour, elles pourraient, elles aussi, diriger le Congo.

Lorsque je leur en parle en leur donnant les exemples de la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf, de l’Allemande Angela Merkel ou de la Centrafricaine Catherine Samba Panza, elles me regardent du coin de l’œil. Elles me rient au nez, avant de mettre leur cruche sur la tête et de partir. Pour elles, je suis une « fille de mauvaise vie » ; imaginez ma peine !

Lors des dépôts de candidatures aux différentes élections, à Mbujimayi, la femme choisit de rester à la cuisine. Si elle sort, c’est pour applaudir un candidat homme qui lui a donné un tee-shirt affichant une effigie toujours masculine. Elle va chanter, crier et danser pour lui depuis le siège du parti jusqu’à la Ceni. Même chose au retour.

À qui la faute ?

C’est d’abord la faute à la culture traditionnelle africaine qui voulait que les plus hautes études de la femme soient l’école primaire, et le mariage précoce, l’université. C’est aussi la faute à l’homme congolais qui a condamné la femme à une peine de « cuisine » à perpétuité. Mais c’est surtout la faute à la femme elle-même qui ne veut pas s’assumer.

L’ironie du sort

La Ceni de Mbujimayi a l’avantage d’avoir pour chef d’antenne une femme : Julie Bondo. Il est assez extraordinaire et paradoxal que cet état des choses n’incite pas les femmes à s’engager nombreuses dans le combat électoral. Un peu comme aux États-Unis, où il y a un président noir Barack Obama, mais où l’on ne retrouve aucun nouveau candidat noir pour la présidentielle de novembre au pays de l’oncle Sam.

Une femme qui cherche trouve

La femme n’a plus aucune excuse de rester à l’écart du processus électoral, car le gouvernement a fait voter pour elle toutes les lois possibles pour son épanouissement. Ainsi, je lance un appel pathétique aux femmes de Mbujimayi : ne loupez pas les futurs rendez-vous électoraux. Soyez candidates à toutes les élections. Et faites-le par la méritocratie.

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