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Les cinq mauvaises habitudes de notre police pendant les manifestations 

La police congolaise est malheureusement l’une des plus brutales au monde. Elle cohabite difficilement avec la population qu’elle est censée protéger. À chacune des sorties de notre police, on enregistre des morts. Découvrons cinq mauvaises habitudes de nos forces de l’ordre pendant les manifestations de l’opposition. 

1. Refus d’encadrer les manifestants et usage des lacrymogènes

Le droit de manifester n’est pas négociable. Il est garanti par les articles 25 et 26 de la Constitution. La police a l’obligation d’encadrer toute manifestation pacifique. Malheureusement au Congo, au lieu d’encadrer, la police vient plutôt disperser. Elle fait usage des lacrymogènes même à côté des hôpitaux. Notre police fait office de machines à répression à l’usage des autorités. Les droits de l’homme ne font pas partie de leurs priorités.

2. Tirs de sommation à balles réelles 

Lorsqu’il y a des tirs de sommation pour empêcher la progression des manifestants, les canons d’armes doivent être pointés vers le ciel. Sous d’autres cieux, on fait usage de balles en caoutchouc. Mais chez-nous, les tirs de sommation sont faits à balles réelles. Or la dissipation des munitions est une infraction au code pénal militaire.

Ces balles réelles tirées vers le ciel ne restent pas en l’air; elles retombent aussitôt dans les habitations et font des victimes. On dit que ce sont des  »balles perdues« . Leurs victimes sont classées parmi  les dégâts collatéraux !

3. Tirs à bout portant et à balles réelles 

C’est sur ce point que notre police a acquis toute sa mauvaise réputation. Elle est championne en usage excessif et disproportionné de la force. Elle tire toujours à  bout portant et à balles réelles sur des manifestants sans armes. Et quand elle tire, elle vise la tête et le torse. Une preuve qu’elle est déterminée à tuer.

Selon le rapport du Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’homme sur les massacres des 19 et 20 septembre dernier, la plupart des morts avaient reçu des balles dans la tête, le dos ou la poitrine. Notre police est devenue un instrument de terreur. Elle se conduit en véritable escadron de la mort.

4. Arrestations arbitraires et extorsion des biens

Une manifestation de l’opposition sur les voies publiques au Congo a toujours constitué une occasion en or pour la police de ravir les biens  des manifestants. Les policiers  font alors une belle  moisson en  cueillant tout ce qu’ils  peuvent : téléphones, argent, bijoux, sacs, chaussures, ceintures… À cela s’ajoutent les arrestations arbitraires, bousculades, coups de crosse et de bottes. Une fois interpellés, les manifestants sont embarqués dans les fourgons sans ménagement. Garçons et filles pêle-mêle.

5. Négation du bilan réel 

C’est ici qu’interviennent tous les mensonges d’État. Lorsque dans une manifestation réprimée il y a eu vingt morts, la police minimise et parle de un ou deux. Parfois, elle dit n’avoir vu aucun mort. Elle demande même : « Montrez-nous les deuils ?« .

À mon avis, la police gagnerait à changer ses méthodes de travail. Elle deviendra alors une véritable institution au service de la population.

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