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Comment devenir professeur d’université en RDC ?

1.800.000 francs congolais. Tel était le salaire minimum d’un ami professeur d’université débutant. A cette époque, le taux était de 920 francs pour 1 dollar américain. Aujourd’hui le taux est d’environ 1800 francs pour 1 dollar. L’ami participe régulièrement à des grèves pour réclamer un paiement réajusté. Malgré tout, cet argent qui constitue une petite fortune au pays, semble ne pas souvent contenter tous les utilisateurs de la craie blanche de nos universités. Beaucoup sillonnent le pays ou l’étranger pour arrondir leur fin de mois.

Il y a cinq ans, je travaillais pour une organisation qui finançait des étudiants et élèves brillants, ayant la vocation de devenir professeur d’université en RDC. Une profession prestigieuse. Le pays n’en compte que 3.000, alors que le nombre d’étudiants, a dépassé les 400.000 et continue de s’accroître chaque année.

Cela donne un ratio d’un professeur pour 200 étudiants, alors qu’il faudrait un professeur pour 20 étudiants selon les normes de l’Unesco. Il nous en manque donc environ 17.000 !

Un déficit qui menace la pérennité de nombreuses filières comme la polytechnique, où les étudiants sont obligés d’attendre des mois pour recevoir des enseignants visiteurs.

Comment accéder au professorat ?

Si les avantages semblent alléchants, devenir professeur est un véritable parcours du combattant qui commence très souvent par l’assistanat. Car, un assistant d’université est un étudiant brillant, qui devra pendant 4 ans, assister un professeur dans les travaux scientifiques (très souvent dans la rédaction des supports de cours ou d’ouvrages) ainsi que les travaux pratiques.

L’assistant(e) est tenu(e) de faire des publications d’articles scientifiques ou de supports. Il n’est pas nécessaire d’avoir été assistant pour devenir professeur.

Pendant ce temps, l’assistant doit s’inscrire au troisième cycle et débuter par des études de DEA (Diplôme d’études approfondies). Sa durée minimale est de deux ans. L’étudiant de DEA doit soumettre une première thèse pour être reçu.

Dans certaines universités, il est demandé à ceux qui veulent embrasser la carrière professorale, d’obtenir une agrégation de l’enseignement supérieur, qui prépare le candidat à la pédagogie universitaire. Ce n’est pas obligatoire mais c’est un atout non négligeable.

Une fois ses quatre années d’assistanat passées, le candidat devient chef de travaux durant un maximum de quatre ans, tout en préparant une thèse de doctorat.

La thèse de doctorat dure trois ans au minimum. Une fois défendue et acceptée, elle confère le titre de docteur. S’il est engagé par une université ou un institut supérieur, le docteur débute sa carrière au grade de professeur associé.

Après quatre ans, il est promu professeur, après avoir produit un support de cours et d’autres publications éventuelles. Le grade de professeur permet de faire partie d’un jury de thèse doctorale ou de diriger un établissement d’enseignement supérieur. Le dernier grade est celui de professeur ordinaire.

De nombreuses écoles doctorales

Plusieurs universités ont dans leur cursus intégré le système LMD (Licence-Master-Doctorat). La formule permet à un étudiant entrant d’achever sa formation jusqu’au doctorat en neuf ans. De nombreux candidats (assistants) ou simples étudiants désireux de décrocher le titre de docteur se sont ainsi lancés. Une quête que de nombreuses universités « non viables » ont mis à profit pour attirer des candidats.

Cette ruée poussa dans un premier temps le gouvernement, à n’autoriser le troisième cycle que pour trois universités publiques : l’Université de Kinshasa, celles de Kisangani et de Lubumbashi.

Ce n’est que plus tard, qu’il a été étendu à six autres institutions : l’Université pédagogique nationale (UPN), l’Institut supérieur de commerce de Kinshasa (ISC/Kinshasa), l’Université protestante du Congo (UPC), l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication (Ifasic), l’Université catholique de Bukavu (UCB) et l’Université catholique du Congo (UCC).

Financement d’études doctorales

Financer des études de troisième cycle (DEA et doctorat) n’est pas une mince affaire. Les frais variant d’une institution à une autre. L’une de mes connaissances a par exemple dû débourser près de 3.000$ pour son DEA et environ 5.000$ pour les frais relatifs à sa thèse.

Ce qui pousse souvent certains assistants ou chefs de travaux enrôlés, à exercer une pression sur les frais de syllabus auprès des étudiants.

Il existe pourtant des organismes et des fondations qui financent des études de troisième cycle suivant les filières :

Des gouvernements étrangers offrent également des bourses pour les Congolais. Pour cela, le Secrétariat à la coopération internationale et des Ambassades peuvent renseigner les candidats.

 

 

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Les commentaires récents (3)

  1. Il est obligé pour devenir un professeur de passer d’abord à l’étape d’assistanat ?