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#Bourseuniversitaire en RDC, les bourses réservées aux « enfants d’abord »

Les bourses qui passent par certaines institutions nationales (ou locales) sont parfois attribuées à des personnes qui n’y aspirent guère : « Les enfants de… » Un favoritisme qui ne dit pas son nom et que les Kinois traduisent par l’expression « les enfants d’abord ».

Oui, il faut avoir la bénédiction, mieux le parrainage d’un vieux loup aux affaires, pour pouvoir prétendre à une bourse. Sont privilégiés les enfants ou les proches des grands professeurs, recteurs, doyens des facultés, ministres et ou autorités politico-administratives. C’est du moins là ce que pensent les jeunes Congolais de Lubumbashi que j’ai interrogés. Etre compétent ne suffirait donc pas.

Si certains exagèrent parfois dans leurs propos, des cas existent, parfois nombreux, tendant à confirmer le favoritisme. Les bénéficiaires des bourses semblent généralement connus d’avance. Il existerait même des quotas. « La fois passée je n’ai pas eu droit au chapitre. La prochaine occasion sera mon tour », lançait dans les couloirs, d’un ton colérique, un membre du comité de gestion d’un établissement public. Son parrainé venait d’être débarqué à la dernière minute de la liste des boursiers à retenir.

L’information sur la bourse est verrouillée

Quand d’éventuelles bourses se présentent, pour en être informé, il faut avoir quelqu’un en interne, dans le circuit pour vous prévenir. Autrement, vous aurez l’information trop tard. Pour ne pas soulever tout soupçon et susciter la curiosité de beaucoup de requérants, l’information n’est réservée qu’à une certaine catégorie d’individus, les supposés ayant droit, « les enfants d’abord ! »

Des exemples d’enfants non parrainés qui acquièrent des bourses d’études, existent tout de même au Congo. Preuve qu’on peut obtenir une bourse même sans être parrainé. Des postulants sans aucun soutien ont obtenu de l’argent destiné aux études à l’étranger. Mais dans ce contexte, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Il faut avoir les nerfs solides. En réalité, c’est un véritable parcours du combattant, un processus qui n’épargne pas l’éventualité d’être éjecté si un plus fort (ou prioritaire sur vous) se lance dans la même course.

Les donneurs de bourses ont tout appris

Certaines organisations qui donnent des bourses ont sans doute fini par remarquer un certain laxisme. Comment, par exemple, comprendre qu’à l’échéance (trois ou cinq ans), un doctorant ou un étudiant n’achève pas ses études ou ne produise pas sa thèse de doctorat ? On raconte parfois que certains ont fini par abandonner les programmes, parce qu’ils se sont retrouvés seuls et obligés de prouver ce qu’ils savent faire.

De moins en moins, ils laissent les institutions congolaises leur proposer des candidats. Le programme belge ARES, ou l’européen Erasmus, envoient un représentant sur place. Sans le dire, ils s’assurent que le processus est ouvert et transparent.

Certes si l’enfant d’un responsable d’une institution ou d’une autorité  politique répond aux critères, pourquoi ne lui donnerait-on pas la chance de bénéficier d’une bourse ? Ce n’est que justice. Mais là où le bât blesse, c’est quand l’appartenance ethnico-tribale ou politique s’érige en règle pour obtenir une bourse.

 


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Les commentaires récents (2)

  1. Papa, merci de toucher ce point qui m énerve toujours, je suis ASS mais je me pose la question pauvre que je suis que faire pour faire le masters ? Depuis que je connais la science,je n’ai jamais vu un ami ou un proche avoir une bourse d’étude du gouvernement congolais,merci de le dire si haut

  2. Il faut toujours des meilleures mesures d’accompagnement et de contrôle des différentes acteurs dans ce processus.