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Covid-19 : le protocole des chercheurs congolais n’est pas un plagiat

La polémique enfle autour du développement du protocole combinant les interférons et la chloroquine comme traitement contre le coronavirus. Pour en savoir un peu plus, nous avons contacté un des auteurs de ce protocole, en l’occurrence le professeur Lungu Anzwal Philomène. Elle nous relate l’historique du développement par leur équipe de recherche, avec le professeur Balaka Ekwalanga, du protocole combinant les interférons et la chloroquine dans la maîtrise du covid-19.

En 2012, ils ont effectué une étude sur l’utilisation des interférons alpha sublingual chez 45 patients VIH positif qui étaient en échec thérapeutique. Après 45 jours de traitement, ils ont observé une chute significative de la charge virale, contrairement à une situation régulière qui projette la chute significative de la charge virale sous traitement antirétroviral après six mois de traitement.

L’étude a été présentée lors de la deuxième conférence nationale organisée par le Programme national Multisectoriel de Lutte contre le VIH/SIDA (PNMLS) à l’Hôtel Grand Karavia à Lubumbashi, du 24 au 26 juin 2013. La chloroquine, pourtant signalée dans la littérature, n’était pas disponible à ce moment, et il n’était pas possible de l’utiliser.

En 2014, l’épidémie à fièvre hémorragique Ebola en Afrique de l’Ouest a permis la mise en place d’un protocole combinant les interférons de type 1 (interférons alpha et bêta) et de type 2 (Interféron gamma), la chloroquine et les antioxydants pour lutter contre le virus Ebola. Malheureusement, il n’était pas possible de faire parvenir ce protocole à temps en Afrique de l’Ouest. Mais, le protocole a été présenté lors d’une conférence organisée sous le haut patronage du Dr Ndjoloko, alors ministre provincial de la Santé du Katanga, à l’hôtel Grand Karavia.

En avril 2016, Irruption d’un épisode de fièvre hémorragique à virus Ébola dans la province de l’Equateur. Dès lors, les chercheurs présentent le protocole combiné au professeur Muyembe, directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) à Kinshasa. Le protocole n’est pas testé, car l’épidémie est vite maitrisée.

En 2018, l’épidémie d’Ebola atteint l’est de la RDC

Le protocole est de nouveau présenté au professeur Muyembe dans une nouvelle version, combinant les interférons de type 1 et 2, la chloroquine et les antioxydants. Ce nouveau protocole n’est toujours pas testé, car un vaccin nouvellement mis au point était en expérimentation, avec des résultats satisfaisants.

2019-2020 : épidémie de coronavirus en chine

Il se dégage une mise en évidence des ressemblances des virus de l’hépatite, du VIH, d’Ebola et du covid-19, tous étant des virus enveloppés, avec transcriptase, à multiplication cytoplasmique. Ledit protocole est de nouveau présenté sur l’approche immunothérapeutique combinée d’interférons de type 1 et 2, boostée par la chloroquine et les antioxydants, lors d’une matinée scientifique tenue à l’Université de Lubumbashi, le 18 février 2020.

Il s’en suit une présentation de deux volets au professeur Muyembe : possibilité d’utilisation de ces molécules combinées aussi bien en préexposition qu’en situation post exposition, c’est-à-dire à titre préventif et à titre curatif. En l’absence de patients atteints de covid-19 en RDC, le professeur Muyembe recommande alors de soumettre un projet d’une étude randomisée de l’efficacité de la combinaison des trois molécules aux spécialistes des pays confrontés à l’épidémie.

Ainsi, les chercheurs ont pris la décision de présenter le protocole aux ministres de l’Enseignement supérieur, universitaire et de la Santé publique, à la faculté de médecine de l’Université de Kinshasa, ainsi qu’au point focal de CDC China à l’OMS/Kinshasa. Ils obtiennent l’autorisation du Comité d’éthique de l’Université de Lubumbashi pour l’utilisation du protocole dénommé « Covid-19 Bela Unilu 20 », dans le cadre d’un traitement à titre compassionnel. Juste après, le recteur de l’Université de Lubumbashi diffuse le protocole en question auprès des instances intéressées.

Il y a lieu de noter que des chercheurs de Chine, du Japon, de France et de Belgique étaient au courant du développement du protocole développé par l’Unilu. Le professeur Lungu Anzwal Philomène est docteur en sciences biomédicales de l’Université de Lubumbashi (RDC). Le professeur Muyembe fut le directeur de son Travail de fin de cycle en techniques de laboratoire (en 1984) et aussi membre de son jury de thèse de doctorat (en 2017).

 

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Les commentaires récents (14)

  1. La science se discute et parfois fait l’objet des intérêts financiers. Il faut être très compétitif….

  2. Ma tante a une extrême capacité d’intelligence que j’en connais particulièrement et beaucoup d’entres nous en doutent faites les confiances ainsi que son collaborateur virologue prof balaka de mettre leurs protocoles en œuvre.merci

  3. Nous avons toujours cru à l’intelligence des congolais. Nous sommes les meilleurs. Nous stopperons ce virus. Merci docteur lungu anzwal P et Dr balaka ekwalanga sans oublier le mentor le Dr Muyembe. Vous êtes notre fierté sur le pan tant national qu’international. Allons y Docteurs !

      1. les chercheurs discutent l’epidemie continue et la mort termine toutes les personnes jusqu’à quand la solution

  4. Okey nous sommes d’accord que le protocol ait été approuvé, alors qu’est-ce qu’ ont attends pour le mettre en oeuvre?Car 5 de nos compatriotes sont déjà mort du Virus et la liste risque d’être longue d’ici là si on continue d’attendre.
    Qu’est ce qu’on attends???

  5. Pour n’est pas essayé ce protocole nos dirigeant on toujour eu consideration ces qui viennent de l’exterieur au lieu de valoriser nos chercheurs a quoi bon d’etudier au congo?

  6. Nous pensons et croyons fermement que le travail que vous avez abattu ne restera pas vain. Croyez-le il sera homologué un de ces quatre matins .