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La dépression, ce trouble négligé en RDC

Selon l’Organisation mondiale de la santé (2017), la RDC est le 14ème pays d’Afrique le plus touché par le suicide. Les troubles psychiques comme la dépression sont souvent mis en cause. Cependant, le pays comme un peu partout en Afrique d’ailleurs, accuse un déficit important en médecins psychiatres par habitant !

Une tristesse profonde, un désintérêt de plusieurs activités autrefois appréciées et  même des tentatives de suicide, tels sont les signes de la dépression nerveuse. Elle reste cependant comme pour toutes les maladies mentales, encore un tabou au Congo. Beaucoup la considèrent plutôt comme une maladie qui ne touche que les blancs. 

Et les personnes qui en souffrent s’ouvrent généralement avec beaucoup de peines pour demander de l’aide. Elles craignent souvent le regard défavorable que porte la société sur les maladies mentales.

Des chiffres inquiétants

A Goma, le seul centre psychiatrique de la région a enregistré 2.675 cas de santé mentale juste pour l’année 2016. Et l’OMS estime qu’en 2015, près de 66 millions de personnes en Afrique, souffraient de dépression, soit une prévalence de 5.4% de la population globale. Ces chiffres augmentent inéluctablement chaque année à cause notamment de la croissance démographique et de la crise identitaire apportée par la mondialisation. 

Selon le docteur Okitundu, pour plus de 70 millions d’habitants, la RDC n’aurait seulement qu’une quarantaine de psychiatres. Certaines provinces, comme l’ancienne province de l’Équateur dans le Nord, ne sont même pas couvertes. Elles sont pourtant des plus touchées par les problèmes mentaux, indique le médecin.

De enjeux économiques forts

La RDC a connu beaucoup de guerres civiles. Le pays est l’un des plus pauvres du globe, et l’insécurité dans l’Est préoccupe beaucoup de personnes. Ainsi, le pays lui-même réunit assez d’éléments pour exposer beaucoup de gens au risque de maladies mentales. 

La dépression touche de ce fait, bien plus de personnes en RDC qu’on pourrait le croire. Et cela a d’énormes conséquences sur l’économie du pays. Car cette maladie mentale est la première cause d’incapacité dans le monde.

Nous pouvons encore tout changer 

Je crois que notre pays est appelé à un grand destin. Notre génération a la mission de redorer le blason terni par beaucoup de crises. J’ai cependant la profonde conviction que cela ne se passera pas sans la prise en compte de l’aspect psychique de chaque Congolais. 

C’est par la mise en place des structures psychiatriques adéquates que nous assurerons l’équilibre mental nécessaire pour relever notre économie. Nous avons besoin pour cela de fournir des efforts, du côté des politiques publiques bien sûr. Mais surtout, la population doit arrêter avec la stigmatisation des personnes souffrant des problèmes de santé mentale. 

Je pense qu’accepter ces problèmes en tant que des maladies comme les autres, permet d’en réduire les conséquences. Car certains patients se détruisent juste à l’idée de s’imaginer traités de fous. 

 

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Les commentaires récents (4)

  1. ceux qui habitent les pays pauvres sont moins sensibles à la dépression que ceux des pays riches ,il faut le reconnaître