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Ces éleveurs de vaches qui font peur à Kinshasa

Depuis près d’un mois, la présence des éleveurs de vaches venus de l’est du pays inquiète la population de l’ex-province du Bandundu. Beaucoup d’inquiétudes, mais peu d’explications sur la raison exacte de la présence de ces éleveurs inhabituels dans cette paisible province. D’où sont-ils venus ? Combien de temps ont-ils fait en route ? Pourquoi ne viennent-ils qu’en cette période si troublée que traverse le pays ? Notre blogueur les a rencontrés, il nous en parle.

Des vaches aux cornes longues et aux faces émaciées

Ayant l’habitude de fréquenter cette province pour des raisons professionnelles, je croise une colonne de vaches aux cornes longues et aux faces émaciées, dans le village de Kitoyi. Une scène très inhabituelle. Mon instinct de blogueur et d’agronome oblige, je m’approche des éleveurs et entame une conversation.  Nous sommes le 27 décembre 2017, à une trentaine de kilomètres de Kinshasa. Dans ma tête, aucun soupçon… Ce sont sûrement des éleveurs nomades, me dis-je.

« Nous venons du Sud-Kivu et de Kalemie, nous allons vendre ces vaches à Kinshasa », me dit l’un des éleveurs en tapant un bâton sur quelques-unes de ses bêtes.  Un autre ajoute : « Nous avons parcouru six mois de marche… Depuis Bavira, Kalemie, Mbuji-Mayi, Kikwit avant d’atteindre la province du Kwango. Maintenant nous allons vers la droite du secteur de Bukanga Lonzo. »

Ces vaches suscitent une crainte à Kinshasa, et les spéculations vont dans tous les sens. Les uns les accusent d’être empoisonnées, quoique toujours vivantes et marchant malgré leur maigreur ; les autres supposent que ces éleveurs seraient des rebelles déguisés… Quant à eux-mêmes, ils affirment être bien accueillis par les  populations locales partout où ils passent.  « La population locale nous accueille sans problème et nos vaches sont dociles et en bonne santé », explique l’un des éleveurs aux apparences tutsi.

Objectifs Kinshasa

Alors que notre conversation continuait, pour prouver sa nationalité congolaise, le plus jeune d’entre eux me montre sa carte d’électeur congolaise : il s’appelle Senga Elombe Kadon, du village de Bavira au Sud-Kivu. Un nom qui sonne quand-même congolais pour quelqu’un de l’Est… Mais bon, qui suis-je pour douter de la nationalité d’un Congolais qui détient sa carte d’électeur. Ce garçon parle un léger lingala mais pas le français. Par contre, l’aîné, lui, ne parle ni français ni lingala. « Si tu as besoin des vaches tu m’appelles par ce numéro », me dit-il en me donnant le numéro de téléphone. Ils ont tout pour être des éleveurs soucieux uniquement de vendre leur marchandise, me dis-je. Leur objectif ultime c’est Kinshasa, d’après ce qu’ils m’ont dit.

« Après Kinshasa, vous allez où ? », leur ai-je demandé. « Nous allons prendre le vol Kinshasa-Kalemie, pour retourner chez nous », répond le jeune Senga Elombe, qui me laisse tout bonnement palper quelques vaches.

Sur ce mot, je reprends ma route, eux aussi la leur… Ce n’est que plus tard, à mon retour à Kinshasa, que je découvre que ces éleveurs étaient devenus des « stars »  (au sens péjoratif du mot) sur les réseaux sociaux.

En dépit de toutes les qualifications qu’on pourrait donner à ces éleveurs, leur propre point de vue est donné.  Il ne reste plus qu’à chacun de nous de faire sa propre analyse. Pour ceux qui ont besoin de plus d’informations sur ces vaches, vous pouvez également suivre la page Twitter du professeur Triphon Kin Kiey Mulumba qui s’est aussi engagé à « tirer définitivement au clair cette affaire de vaches ». Lui qui, comme moi, est l’un des premiers à observer ce spectacle inhabituel.

 


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Les commentaires récents (1)

  1. 1.Ces éleveurs ont-ils des documents qui prouvent qu’ils vont vendre leurs marchandises à kinshasa ?
    2.Vous-êtes-vous intéressés à toutes les provinces dont ils citent d’avoir y été enfin d’avoir de claires informations sur eux ?

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