Sur les réseaux sociaux, nous voyons régulièrement des photos et des vidéos de personnes partagées sans leur accord. Parfois, ces contenus sont publiés simplement pour faire rire, attirer l’attention ou créer le buzz. Mais derrière une publication qui semble amusante pour certains, il peut y avoir une personne qui se sent humiliée, blessée ou même rejetée par son entourage.
À Bukavu, comme dans beaucoup d’autres endroits, les réseaux sociaux font partie du quotidien des jeunes. Une photo ou une vidéo peut être partagée en quelques secondes et atteindre un grand nombre de personnes. Une fois publiée, il devient difficile de contrôler sa circulation.
J’ai déjà observé des contenus publiés sur les réseaux sociaux où une personne était exposée ou ridiculisée devant beaucoup de monde. Ce qui m’a particulièrement interpellée, c’est de voir que certaines personnes partageaient ces contenus sans se demander ce que la personne concernée pouvait ressentir. Pour certains, ce n’était qu’un simple divertissement. Pourtant, pour la personne exposée, les conséquences peuvent être beaucoup plus lourdes.
C’est à partir de ce genre de situation que je me suis posé cette question : et si la paix commençait par la manière dont nous respectons les autres en ligne ?
Avant de publier ou de partager la photo ou la vidéo de quelqu’un, nous pouvons prendre quelques secondes pour réfléchir : est-ce nécessaire ? Est-ce que cela peut nuire à quelqu’un ? Et surtout, est-ce que cette personne a donné son accord ?
Respecter la vie privée et la dignité des autres est aussi une manière de construire la paix. Nous ne savons pas toujours ce que traverse une personne avant de publier son image. Une publication peut entraîner des moqueries, des conflits avec la famille ou les proches, une perte de confiance ou simplement une profonde souffrance.
Pour moi, la paix commence aussi par le respect de la dignité de chaque personne, même derrière un écran. Nous n’avons pas besoin de partager tout ce que nous recevons. Parfois, le meilleur choix est simplement de ne pas cliquer sur « partager ».
À partir d’aujourd’hui, je choisis de faire plus attention aux contenus que je partage. Je ne veux pas contribuer à l’humiliation d’une personne simplement pour faire rire ou attirer des réactions. Avant de publier une image ou une vidéo mettant quelqu’un en scène, je prendrai le temps de réfléchir et, lorsque cela est nécessaire, de demander son accord.
Et si la paix commençait simplement par le respect de l’image et de la dignité des autres ?
Jeune bénévole dans la lutte contre les violences en ligne et la vérification des fausses informations, et actrice communautaire
