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Femmes congolaises : entre blabla politicien et militantisme fastidieux

Pourquoi chaque Journée mondiale de la femme semble-t-elle ressembler aux précédentes, dans ce qu’elle comporte de trompe-l’œil politicien ? Si le folklore du 8 mars améliorait la situation de la frange féminine du Congo, ce sont les hommes qui auraient à se plaindre aujourd’hui. Mais les vœux pieux succèdent aux bonnes intentions stériles.

Cette semaine, à Kinshasa, lors d’une célébration placée sous le thème « Les femmes dans le monde du travail en évolution 50/50 d’ici 2030 », le Premier ministre Samy Badibanga Ntita embouchait la trompette de la sensiblerie teintée de volontarisme. Il exhortait la femme congolaise à se battre pour marquer sa présence au sein des instances de prise des décisions. Et les composantes de la majorité présidentielle de gloser en écho, comme la ligue des femmes de l’Union nationale des démocrates fédéralistes qui appelait la femme, ce 8 mars, à arracher un pouvoir qui ne se donne pas, afin d’obtenir la parité consacrée dans la loi fondamentale. Serait-ce donc le “deuxième sexe” qui entretiendrait lui-même le plafond de verre auquel il se cogne ?

La très faible représentation de la femme à l’Assemblée nationale congolaise s’expliquerait-elle par de la passivité féminine et un manque d’ambition ? Ce n’est pas ce que constatent, depuis des années, les actrices de terrain, comme Espérance Mawanzo, surnommée « Maman parité », depuis les locaux de l’Observatoire de la parité…

La valorisation du statut des femmes est d’autant plus un combat quotidien que la structure sociale machiste impose aux mères, aux épouses et aux filles toutes sortes de contraintes que viennent aggraver les situations de crise. A titre d’exemple, dans l’est du Congo, certaines sources parlent d’un demi-million de victimes de viol comme arme de guerre, depuis le début des tensions militarisées, agressions parfois accompagnées de mutilations qui relèvent de la torture. Pour avoir défendu ces souffre-douleur, le gynécologue Denis Mukwege a été victime de six tentatives d’assassinat et vit désormais sous protection.

Il y a un pas entre les discours feutrés, sous les lambris de la République, et les interventions militantes sur le terrain. Et il y a un fossé entre 24 heures annuelles de folklore féministe et une lutte permanente pour les droits des femmes.

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Les commentaires récents (1)

  1. Un pas important pourrait être fait si on commençait par abolir cet « anniversaire » du 8 mars, cache-misère des progrès si lents mesurés depuis des décennies quant à la place de la femme dans la société. A cet égard, les femmes congolaises qui s’impliquent dans les zones de conflit à leurs risques et périls sont particulièrement remarquables et méritent notre soutien. La récupération politique de toute action menée au nom de l’amélioration du sort des femmes dans le monde demeure un des principaux freins au changement des mentalités. Sans parler des religions, un sujet qui reste tabou parmi ceux qui les pratiquent avec excès. Ce débat mérite mieux que quelques lignes. Il se déroule dans toutes les parties du monde. Les échecs ne doivent pas nous empêcher de persévérer.

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