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#8Mars : les femmes en pantalons humiliées à Bukavu sur la base d’une fake news

Plusieurs femmes ont été violentées et humiliées pendant la journée du mardi 05 mars dans la ville de Bukavu, simplement parce qu’elles étaient habillées en pantalons ou en mini-jupes. Une fausse information circulait depuis des semaines dans la capitale du Sud-Kivu selon laquelle le couple présidentiel (le président pour certains, la première dame pour d’autres) aurait interdit le port de ce genre d’habits. Ce sont surtout les motards qui s’en sont pris aux jeunes femmes.

Sur les réseaux sociaux, on pouvait regarder et télécharger des images des femmes en train d’être battues, roulées dans la boue… Certaines étaient même déshabillées. C’est inimaginable qu’en plein mois de mars, des femmes soient ainsi traitées publiquement sans que personne n’intervienne.

Quand les fake news font de vraies victimes

Le principe de la fakenews est de parler aux instincts primaires des individus. Elle titille la cupidité, l’orgueil, l’avarice et la violence intimement liées à certaines personnes. C’est pour cela que les gens se laissent prendre facilement au piège. Dans un pays où le taux d’analphabétisme se mesure en termes de millions, pareil pour celui du chômage, quand une fausse information est ainsi diffusée, nombreux sont ceux qui y croiront fermement, sans se préoccuper de vérifier. Et pour ce qui est arrivé à Bukavu, ce sont des conducteurs des motos-taxis qui se sont chargés d’exécuter une fausse « interdiction » de port du pantalon et des mini-jupes par les femmes. « Cela a commencé par des violences verbales, puis certaines femmes ont été agressées légèrement. Plus tard, les violences ont gagné en intensité, des femmes ont été battues dans la rue, déshabillées en public, à cause de cette fausse information », indiquent des sources de la société civile de Bukavu.

Une internaute indignée a écrit : « Quand la pauvreté danse avec l’ignorance, voilà ce que ça donne. On se fabrique des victimes pour déverser sa rage parce qu’on n’a pas d’argent et que la vie ne marche pas.» Qu’est-ce qu’elle a raison ! Cette fausse information a permis à des motards incultes et non instruits, mais aussi à des badauds de s’attaquer gratuitement aux femmes. C’est inconcevable.

La société civile a demandé que des enquêtes soient menées et les coupables punis, mais on sait bien que rien de tel ne se fera. Voilà pourquoi la lutte contre l’infox devrait désormais intéresser tout le monde. Si en Occident, elle fait perdre des millions d’argent à des entreprises, chez nous l’infox peut tuer des gens.

Halte à la désinformation, non aux violences faites aux femmes.

 

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