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Un gouvernement incapable de nous construire un mémorial du génocide congolais

Mourrez pour le Congo, personne ne se souviendra de vous ! La preuve : plus de 6 millions de morts dans l’est du pays. Et rien n’est fait ne serait-ce que pour le souvenir. Doit-on les supplier pour construire un mémorial des victimes des guerres de l’Est ? Un gouvernement responsable devait y penser depuis longtemps. Mais hélas, cela n’est même pas dans l’agenda des autorités !

A côté de nous au Rwanda, chaque année ils commémorent la mort d’un peu plus de 800 000 Tutsis et Hutu modérés massacrés lors du génocide de 1994. Curieusement au Congo, le gouvernement est inconscient et ne se fait aucun souci, alors que le pays a perdu des millions de ses enfants tombés sous les balles et les machettes de groupes armés et de forces étrangères. 

Sont-ils morts en vain ?

Cette indifférence des autorités me déchire le cœur. Car, si nous-mêmes on n’honore pas nos morts, qui le fera à notre place ? Ces femmes violées, ces hommes et ces enfants décapités pendant des décennies dans le Kivu et l’Ituri – et la série continue – qui leur rendra justice ? Quelles traces resteront pour les générations futures ? 

Or, sans un mémorial du souvenir, ces millions de morts congolais seront totalement oubliés dans 20 ou 30 ans. Pour la mémoire collective d’un pays, ce serait pitoyable. C’est même trahir une partie de notre histoire. Honte à nous !

Une journée annuelle du souvenir  

Voilà des années que nous réclamons ce mémorial du génocide congolais, mais personne ne nous écoute. Nous ne nous fatiguerons jamais de réclamer. De grâce, construisez-nous un tel mémorial ! Un musée qui répertorie les atrocités subies par notre pays. Le  vrai patriotisme se fera voir dans les actes. 

Nous voulons un endroit où nous pourrons régulièrement aller nous recueillir et pleurer nos morts. Un lieu de souvenir à commémorer par un deuil national à une date fixe chaque année, pour dire : plus jamais ça dans notre pays ! Il nous faut un jour qui sera chômé, payé et inscrit comme tel dans le calendrier national. Un tel monument doit être construit à Kinshasa la capitale pour lui donner un caractère national.

Ce serait une pensée forte que nous léguerons à ceux qui viendront après nous. Quand ils verront un tel mémorial, les enfants des enfants de nos enfants se rassembleront, allumeront la flamme du souvenir et diront : « Nos parents ont versé leur sang pour ce pays. Assurons la relève, portons haut le drapeau national, honorons leur mémoire ! » 

Larmes aux yeux, je dis à nos morts : ne perdez pas confiance. Nous qui sommes encore vivants, nous nous battons pour vous. Tôt ou tard, ils finiront par vous reconnaître !

 

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