article comment count is: 0

Grâce présidentielle : aucune femme parmi les 64 détenus libérés de la prison de Mbujimayi

Je proteste contre le fait qu’aucune femme prisonnière n’a bénéficié de la grâce présidentielle à Mbujimayi. Si ce n’est pas de la discrimination, dites-moi ce que cela veut dire. Tous les 64 détenus libérés de la prison centrale de Mbujimayi sont des hommes. Comme toujours, la femme a été oubliée.

Le 30 juin dernier, en vue de marquer le 60e anniversaire de l’indépendance de la RDC, le président Felix Tshisekedi a annoncé une grâce collective pour certains prisonniers en République démocratique du Congo. Une décision concrétisée par son ordonnance loi N° 20/058 du 30 juin 2020 portant mesures de grâce.  Malheureusement, l’exécution de cette ordonnance a été discriminatoire à la prison centrale de Mbujimayi. Le 12 septembre 2020, seuls les hommes ont eu droit à la grâce présidentielle et ont été remis en liberté. Les pauvres femmes, elles, restent croupir dans ce mouroir que la prison de Mbujimayi. C’est absolument inacceptable. J’invite les autorités à corriger rapidement cette provocation. Les femmes prisonnières sont des citoyennes congolaises au même titre que les hommes. Rien n’explique qu’elles soient les seules à être privées de cette grâce présidentielle qui d’ailleurs n’arrive pas tous les jours.

Les conditions pour bénéficier de la grâce présidentielle

L’ordonnance du chef de l’État stipule que :

  • La remise de la peine restante à exécuter est accordée à toute personne condamnée à une peine de servitude pénale ou de travaux forcés égale ou supérieure à 5 ans, par décision judiciaire devenue irrévocable à la date du 30 Juin 2020 ;
  • La réduction de 5 ans de la peine restante à subir est accordée à toute personne condamnée à la servitude pénale […].
  • La commutation de la peine de mort en celle de servitude pénale à perpétuité
  • La commutation de la peine de servitude pénale à perpétuité en celle de 20 ans de servitude pénale principale.

Je pense que les femmes prisonnières sont tout aussi éligibles à toutes ces conditions pour bénéficier elles aussi de la grâce présidentielle. Je demande au gouvernement d’accorder la chance à ces femmes de recouvrer leur liberté. Ce serait la vraie justice et l’État de droit.

Ceux qui ne sont pas concernés par la grâce présidentielle

Selon l’ordonnance du chef de l’État, la grâce présidentielle n’est pas accordée aux détenus ayant commis des infractions suivantes :

  • Violences sexuelles ;
  • Détournements et concussions ;
  • Corruption et rémunération illicites ;
  • Assassinat, meurtre, vol à mains armées, association de malfaiteurs ;
  • Atteinte à la sureté intérieure et extérieure de l’Etat, détention illégale d’armes…

Je suis bien d’accord avec cette énumération, mais on ne peut pas dire que toutes les femmes détenues à la prison centrale de Mbujimayi sont dans cette catégorie d’infractions.

 

Est-ce que vous avez trouvé cet article utile?

Partagez-nous votre opinion