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L’impuissance à Mbujimayi face à l’épidémie de choléra

L’épidémie de choléra sévit aujourd’hui dans la ville de Mbujimayi. Déjà 172 cas enregistrés et 18 décès. La maladie a fini par atteindre la quasi-totalité des provinces du pays. Ainsi, toutes les conditions sont réunies pour mourir au Congo : on meurt par balles ou du choléra.

Pour l’instant à Mbujimayi, ce sont les communes de Diulu et de Bipemba qui sont touchées par le choléra comme l’indiquent les statistiques. Mais la situation amène à se poser des questions. Peut-on dire que Mbujimayi était réellement épargnée jusque-là par l’épidémie ? Ou l’épidémie était déjà là, entrain de faire des ravages, sans que les autorités l’aient déclarée auparavant ? 18 morts, c’est quand-même trop pour le début d’une maladie que tout le monde voyait venir de la province voisine de Lomami. Bien sûr, il ne s’agit pas ici de chercher un bouc émissaire, mais on ne peut se taire quand nos morts se comptent par dizaines et que l’épidémie n’en est encore peut-être qu’au début de sa lancée meurtrière.

Le député provincial Cléophas Nyembwe Nyerere craint que la maladie ne s’étende à l’ensemble de la province, d’autant plus qu’un autre cas de choléra a été enregistré dans le secteur de Mukumbi en territoire de Lupatapata. Or par nature, le choléra est une maladie très contagieuse qui se caractérise par une diarrhée violente et aqueuse, mais aussi des vomissements. Sa capacité à tuer est très élevée. « La personne atteinte de choléra peut mourir au bout de 3 à 6 jours si la prise en charge n’est pas assurée rapidement », explique le docteur Jean-Pierre Nsumba, médecin épidémiologiste à la division provinciale de la santé du Kasaï-Oriental. Et de rappeler qu’entre 2002 et 2004, une autre épidémie de choléra avait fait plus de 700 morts dans cette province.

Les facteurs de propagation de la maladie

La ville manque régulièrement d’eau potable dans plusieurs quartiers. Ce qui oblige la population à consommer de l’eau impropre colportée par des vendeurs ambulants ainsi que l’eau des marécages et des rivières. Un facteur de propagation de la maladie important. Clément Kazadi, l’un des habitants de la ville se plaint : « Nous vivons dans une ville où il y a la promiscuité des locataires dans les parcelles habitées. Il y a aussi  toutes ces saletés dans les rues, l’absence de latrines et de poubelles publiques ou puits à ordures. Tout cela nous expose au choléra. Les autorités doivent s’investir en urgence pour éradiquer cette épidémie. »

D’autres habitants de Mbujimayi comptent sur leur foi en Dieu pour résister à la maladie. « Malgré le fait que le choléra est déjà là, il n’arrivera pas chez moi, car moi et toute ma famille nous sommes protégés par le sang de Jésus », déclare Jeanne Bilonba âgée de 49 ans et mère de 4 enfants. Selon elle, la ville de Mbujimayi réunit toutes les conditions pour une contamination massive du choléra. Et d’ajouter : « Nous n’y pouvons rien, il n’y a que Dieu qui peut nous protéger. » De son côté, Kadi Kadima s’interroge en usant de métaphores pour critiquer les autorités : « Pourquoi un gouvernement qui est prompt à empêcher les marches pacifiques est incapable d’empêcher le choléra ? »

La prise en charge des malades s’organise

Une équipe de Médecins sans frontières s’est déployée sur place à Mbujimayi. Des tentes d’accueil des malades sont entrain d’être installées à traves la ville. Les centres de traitement ont été érigés entre autres à l’hôpital général de la Muya, à l’hôpital général de Dipumba et à Bipemba dans l’aire de santé de Kanjiya. Le traitement est donné gratuitement. « La plupart des décès enregistrés sont dus à la prise en charge tardive des malades », explique le gouverneur Alphonse Ngoyi Kasanji. Dès qu’une personne présente des symptômes, « il faut acheminer rapidement le malade au centre de traitement le plus proche », recommande le gouverneur.

 


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Les commentaires récents (3)

  1. Merci concernant l épidémie de choléra. ici a mbujimayi ce facile pour ce partagé. D abord une grande ville de mbujimayi soufre pour l eau massivement. Ce pour quoi nos frères étaient touché par cet épidémie comme les gens utilisé l eau de la vivier muya. Une eau qui ne pas même bien . alors le gouverneur doit ce prendre sa province en charge en informant et pourla distribution de l eau potable de la ville ce vraiment ce qui peut aidé notre population kasaienne. Merci

  2. Ce n’est qu’une épidemie,
    chers compatriotes est-kasaïens,la prévention coûte moins chère que la guérison , gardez votre entourage toujours propre cela vous garantira une très meilleure santé…

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