article comment count is: 0

Enfin la justice se penche sur les cas de vols des diamants à la Miba !

La mauvaise gestion est à la base de la chute de la société minière de Bakwanga (Miba). Vols ou substitution des diamants, exploitation clandestine au polygone minier sont des pratiques parmi tant d’autres qui ont mis à genoux cette société. La justice qui est restée longtemps à observer passivement les faits semble se réveiller désormais pour juger les présumés coupables. Un procès s’est ouvert au tribunal de grande instance de Mbujimayi.

Après plusieurs décennies de dénonciation sans résultat, ce procès était l’un des plus attendus au Kasaï- Oriental. Mais la première audience a déçu les attentes. Aucun prévenu n’était dans le box des accusés. Certaines personnes citées, notamment dans la disparition de Fancy Green (diamant vert d’une valeur de 2,30 carats), sont devenues des témoins. D’autres n’ont même pas reçu de citations à comparaître.

Ce sont des anomalies de nature à ne pas permettre la manifestation de la vérité dans cette affaire qui sent la mafia. Même le chef de la centrale de triage, Jean-Pierre Tshibangu, dont la comparution était acquise, ne s’est pas présenté. Sa citation à prévenu a même disparu mystérieusement du dossier quelques heures avant l’ouverture du procès. Un très mauvais début de la procédure alors que la justice est en train de retrouver sa place dans notre pays.

Malgré ces petits désagréments, j’ose croire que cette cause aura une issue satisfaisante. Les travailleurs de la Miba devraient connaître ceux qui volent sans scrupules les produits de leurs sacrifices. Il n’y a pas que le diamant vert dont la justice devra retrouver les traces, il y a également 3000 carats de diamants de grande valeur subtilisés et remplacés par des pierres de moindre valeur. Cette pratique a enrichi beaucoup de cadres de la Miba et appauvri l’entreprise. Depuis des années, tous les régimes politiques qui se sont succédé au pays, n’ont rien fait pour éradiquer ce système.

Des complicités en chaîne

De l’avis de plusieurs travailleurs de la Miba, il n’est pas facile de subtiliser un diamant dans la zone de haute sécurité de cette société. Ceux qui réussissent leur coup jouissent d’une complicité de plusieurs services. Voulez-vous des preuves ? En voici une : en 2019 par exemple, la centrale de triage de diamant a fonctionné pendant un mois sans caméra de surveillance ! Imaginez quelle peut être l’ampleur des vols de diamant à huis clos ! Cette situation a occasionné un détournement systématique des grosses pierres précieuses à la Miba, révèle un cadre de cette entreprise qui a requis l’anonymat. Je pense que la justice doit, sans transiger, établir les responsabilités et sanctionner sévèrement les dirigeants des services complices. C’est à mon avis l’unique façon de sauver cette entreprise exsangue depuis plusieurs années.

Exploitation frauduleuse de diamant

Les responsables de la Miba sont bien au courant de l’existence au sein de la société de l’exploitation clandestine de diamant. Mais que font-ils ? Ils ferment les yeux. « Entre le 23 et le 24 août 2019, il y a eu 284 sacs de gravier découverts au polygone minier. L’information a été portée à la connaissance du président du conseil d’administration, du DG de la Miba… Tous n’ont initié aucune action pour faire toute la lumière sur cette affaire », affirme un agent du polygone Miba qui a requis l’anonymat. Voilà encore un dossier sur lequel j’attends le tribunal de grande instance de Mbujimayi. Il faut que cette juridiction use de tout son pouvoir pour faire comparaître toutes les personnes censées contribuer à la manifestation de la vérité et que le droit soit dit.

Je reconnais que la tâche ne sera pas aisée pour le tribunal, car les membres du réseau maffieux ont tout fait pour empêcher la reconstitution des faits. Plus grave, la centrale de triage de diamant a été délocalisée dans un conteneur à Disela et l’ordinateur contenant les statistiques de la production de la Miba porté disparu. De tels actes ne sont autres que des crimes. Les coupables doivent être sanctionnés et écartés définitivement de la gestion de la Miba.

Prochaine audience dans ce procès le 12 août 2020.

 

 

Est-ce que vous avez trouvé cet article utile?

Partagez-nous votre opinion