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Kidnapping dans le Rutshuru : « J’ai payé la rançon mais ils ont quand même tué mon fils »

Sans voix et en larmes, madame Kabuo Judith est inconsolable devant le corps sans vie de son fils découvert ce lundi 23 avril à Kiwanja, territoire de Rutshuru. Ce corps n’est autre que celui d’un petit enfant de 9 ans, Kakule Sabin, kidnappé depuis juillet 2017 alors qu’il jouait avec ses amis. Malgré la rançon versée, ce pauvre enfant a été exécuté par ses ravisseurs.

Depuis plus de cinq ans, le kidnapping est fréquent dans le territoire de Rutshuru, mais le phénomène assassinat des otages est tout récent. Auparavant, payer la rançon était un gage de revoir le membre de sa famille qui avait été enlevé. Les ravisseurs ont changé de mode opératoire depuis quelques mois. Désormais, ils tuent leurs otages même s’ils ont perçu une rançon. L’histoire de Kabuo Judith en est un dramatique exemple.

De rançon en rançon, jusqu’à 6000 dollars

Se confiant à Habari-RDC, la mère de l’enfant raconte qu’au lendemain du kidnapping, la famille avait reçu un coup de téléphone revendiquant l’acte et demandant une somme d’argent pour libérer l’otage. C’était le début du marchandage entre les parents de l’enfant et les kidnappeurs. « Ils nous ont demandé d’envoyer de l’argent et cela à plusieurs reprises, nous l’avons fait, tellement nous nous faisions de soucis pour notre enfant », indique la mère de l’enfant otage.

« Ces kidnappeurs ont joué sur notre flexibilité. À chaque fois qu’ils demandaient une quelconque somme d’argent, ils promettaient de ramener notre enfant, ainsi de suite jusqu’à ce que nous ayons comptabilisé au total 6 000$ que nous leur avons envoyés » explique, affligé, Raphaël le père de Kakule Sabin. Et d’ajouter : « Nous avons beau solliciter leur clémence. Ils ont toujours refusé de nous remettre l’enfant vivant ou mort. » Le père de l’enfant affirme avoir vendu sa parcelle pour arriver à gérer ce rythme de demande de rançons.

Kidnapping, un crime qui n’épargne personne à Kiwanja

Pendant que la famille de Kakule Sabin souffrait et continuait de payer des rançons sans revoir leur enfant, quatre autres enfants du même quartier ont connu le même sort, enlevés eux aussi. Leurs familles ont également versé les rançons exigées, sans jamais voir revenir leurs enfants.

Le kidnapping devenu monnaie courante, la population a décidé il y a un mois de s’impliquer dans la recherche des auteurs de ces crimes. En renseignant les services spécialisés, ils ont réussi à dénicher quatre présumés kidnappeurs dont deux jeunes femmes bien connues dans la cité. Début avril, ces présumés coupables ont accepté d’aller montrer où ils avaient amené les corps des enfants. « C’est ici qu’on avait enterré certains d’entre eux, avec la machette qui les avaient tués ! », a indiqué l’un des kidnappeurs, un jeune garçon également connu dans le milieu. C’était à une dizaine de kilomètres au nord de l’agglomération de Kiwanja. Ossements et vêtements de deux petits garçons y étaient effectivement. Le lundi 23 avril dernier, les habitants de Kiwanja ont eu l’horreur de découvrir les restes du petit Kakule Sabin, dans le fond d’une fosse sceptique.

La responsabilité du gouvernement et des réseaux de télécommunication

L’insécurité dans le Rutshuru a souvent été décriée, mais rien de concret n’a jamais été fait jusque-là. Voici plus de cinq ans que ces kidnappings ont lieu en toute impunité. Autre fait révoltant : les kidnappeurs demandent souvent d’être payés via le mobile banking. Ils appellent les familles des victimes en utilisant des numéros de téléphones censés être enregistrés par les réseaux des télécoms, mais ces derniers ne donnent pas souvent les noms des kidnappeurs, pas plus qu’ils n’indiquent leur localisation. L’heure n’est-elle pas venue d’établir les responsabilités de chacun ?

 


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Les commentaires récents (1)

  1. Qui sont en réalité ces malfaiteurs? Chers Rutshurois soyons unis pour découvrir ceux qui nous font souffrir mais mon inquiétude est que la rançon payé est souvant envoyé via nos services de télécommunications qui sont à mesure d’identifier ces malfaiteurs à partir des appareils de communication.mes chères il serait capital d’interroger nos services de télécommunications pour qu »ils nous donnent leur point de vue si non ils n’ont pas intérêts d’être au Nord Kivu

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