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À Kinshasa, l’ANR traque les chauffeurs qui haussent le prix du transport

L’une des grandes difficultés auxquelles font face les Kinois, c’est l’instabilité des prix des transports en commun. Jusqu’à ce jour, le nouveau gouverneur n’a pas pu relever ce défi. La population de Kinshasa continue à souffrir de ces prix volatiles des transports. Que faire pour que les chauffeurs respectent les prix fixés par l’hôtel de ville ?

Le vendredi 26 octobre 2019, alors que je me dirige au bureau de Habari RDC à Kinshasa, j’ai assisté à une scène qui m’a réjoui, mais une joie de courte durée. Je vous raconte.

Je suis devant l’arrêt de bus des quartiers UPN-Magasin vers 7 heures. Très vite, je constate qu’il n’y a pas que des clients autour de moi. Il y a aussi des agents de l’ANR (l’Agence nationale du renseignement) sillonnant le lieu pour arrêter les chauffeurs qui haussent le prix du transport sur l’axe UPN-Magasin. Le prix de la course fixé par l’hôtel de ville pour ce trajet est de 700 FC. Hélas, les chauffeurs font toujours payer plus que ça.

Simple tracasserie routière ?

Une heure de temps s’écoule, je réussis finalement à monter à bord d’un taxi-bus. Seulement, le receveur de ce bus ne sait pas que les agents de l’ANR sont à côté de lui, et au lieu de dire : « Magasin 700 FC », il dit : « Magasin 1000 FC. » Aussitôt, les agents des renseignements sautent sur lui et l’emmènent. Et comme le chauffeur ne peut partir sans son receveur qui tient tout l’argent, il est obligé de nous abandonner dans le bus pour suivre ce cas d’arrestation de son receveur.

Quelque temps après, le chauffeur revient vers nous et nous demande de descendre du bus car l’ANR exige de payer 30.000 FC pour libérer son receveur. Bien sûr je sais que ce montant, s’il est payé, n’entrera jamais dans le Trésor public, mais plutôt dans les poches des individus.

Je fais ce même trajet chaque jour, mais je ne dépense pas le même montant pour le transport. D’ailleurs, j’en avais parlé dans un précédent article. J’espère au moins que cette fois-ci, le gouverneur actuel de Kinshasa ne restera pas indifférent à notre cri de détresse.

Pourquoi ne pas créer une brigade de contrôle ?

Le fait que les chauffeurs de transport en commun ne respectent pas les prix fixés par les autorités, laisse croire que le pouvoir de l’Etat est faible. Le gouverneur Gentiny Ngobila doit personnellement s’impliquer en créant par exemple une brigade de contrôle dans chaque commune, brigade appuyée par la police.

Les bourgmestres vont placer à leur tour des brigadiers dans chaque arrêt de bus 24 heures sur 24, pour infliger des amendes aux chauffeurs qui osent hausser le prix du transport. L’argent de ces amendes pourrait servir à payer les brigadiers, et un pourcentage peut être versé au Trésor public. De cette façon, le gouverneur pourra non seulement résoudre le problème des prix de transport à Kinshasa, mais aussi créer l’emploi pour beaucoup de gens. Imaginez qu’on ait 100 brigadiers dans chaque commune.

Bon, c’est une matière à réflexion. Quant à moi, je ne me fatiguerai pas d’écrire sur ce sujet, jusqu’à ce que les prix de transport en commun deviennent stables à Kinshasa.

 

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