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A Kinshasa, le prix volatile du transport en commun

Le prix du transport en commun à Kinshasa est source d’énervements et disputes entre clients et chauffeurs. Le montant à payer change selon le temps, les jours et les humeurs des conducteurs. Je l’ai vécu et je vous raconte.

A Kinshasa, vous n’êtes pas totalement sûr de payer le même prix pour un trajet chaque jour. Si vous n’avez pas de surplus, mieux vaut ne pas sortir, car vous risquez de faire la ligne 11 (aller à pied). Bien que le prix du transport vienne récemment d’être revu à la hausse par le gouverneur de la ville, cela n’a pas stabilisé les tarifs. Les conducteurs fixent leurs prix comme bon leur semble, selon l’atmosphère de la journée.

Un jour, je reviens de la ville et j’arrive à l’arrêt de bus appelé Magasin. J’attendais un transport pour l’UPN, et j’ai remarqué une foule immense à l’arrêt de bus. Rien d’inquiétant, car c’est comme cela tous les jours. Quelques minutes après, deux ou trois taxis se présentent. Quelle bousculade ! Mais les prix fixés par les chauffeurs pour la course découragent les clients. Seuls ceux qui ont plus de moyens osent monter.

Trois prix différents pour le même trajet

Tenez, de Magasin à l’UPN, la course revient à 2500 FC pour les taxis et 1500 FC pour les bus. Seulement, il faut user de biceps pour obtenir une place à bord. Pourtant le matin, alors que je passais au même endroit, pour le même trajet, le prix revenait à 1000 FC.   

Selon la grille des prix fixés par l’autorité de la ville pour ce trajet, la course revient à seulement 600 FC. Dans la pratique, c’est une toute autre réalité qu’on rencontre. Je paye pour ce même trajet, tantôt 500, 1000, 1500, tantôt 2000 ou 2500 FC, voire plus selon les temps et les circonstances. Pour une journée normale le matin, quitter l’UPN vers Magasin, au lieu de 600 FC, on fait payer 1000 parce que c’est à cette heure-là que la majorité de personnes cherche à arriver en ville. Par contre, au milieu de la journée, lorsqu’il n’y a pas beaucoup de personnes à l’arrêt de bus, le prix descend à 500 FC pour le même trajet.  

L’augmentation du nombre de personnes à l’arrêt devient donc une raison pour les chauffeurs d’augmenter le prix du transport. Et ce n’est pas tout. Un autre jour, le « receveur » d’un bus n’arrêtait de crier : « 1500 francs okoti, ba kiti ya confort » c’est-à-dire, « payez 1500 FC parce que les sièges de notre bus sont confortables ! »

Si le prix du transport devait dépendre de la marque du véhicule, combien donc coûterait-il d’embarquer dans une Jeep 4×4 marque VX ou quelque chose de ce genre ? Je vous laisse imaginer. Je pense que la faute est partagée entre les autorités, les clients  et la police de circulation routière qui, face à ces bavures, gardent le silence. Il faut que les autorités haussent le ton pour que ces mauvais comportements prennent fin. Sinon, les décisions du gouvernorat de Kinshasa, en matière de réglementation du transport en commun resteront lettre morte.

 


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