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Kinshasa, une « ville morte » sans mot d’ordre

Contrairement à ses habitudes, la ville de Kinshasa s’est réveillée timidement et tardivement, lundi 19 et mardi 20 décembre 2016. Jusqu’à 10h, pas d’activité. Bureaux, universités, magasins, écoles, pharmacies sont restés fermés.

A l’arrêt des bus Transco (société de transport du Congo) ligne Campus-Victoire vers 10h30′ le 19 décembre, aucun bus, pas même les taxis personnels tout simplement parce qu’il n’y avait pas de passager.

A l’Université de Kinshasa, des dizaines d’étudiants, renforcés par quelques jeunes des quartiers environnant se regroupent, disant vouloir marcher pour exiger le départ du président Kabila alors que son mandat devait prendre fin à 00h00. « Nous voulons marcher vers le Palais de la Nation, pour rappeler à Kabila que son mandat prend fin à minuit », dissent-ils. A quelques mètres de là, un dispositif policier et militaire leur fait face vers l’intendance de l’Université de Kinshasa, à l’entrée de l’Université.

Des tirs à balles réelles

« Les étudiants ne veulent pas la présence des militaires. Nous avons entendus des coups de balles mais maintenant tout est calme. Nous sortons de nos cachettes », explique Ornela Munga, une étudiante rencontrée sur place.

Au Rond-point Ngaba, et comme dans tous les points chauds de Kinshasa, le dispositif militaire est bien présent. Imposant son autorité, les policiers et les militaires sont épaulés par des éléments de la garde républicaine pour disperser tout regroupement de plus de 10 personnes.

« Les militaires sont en standby, demandant de l’aide aux passants. Toutes les boutiques et les magasins sont fermés depuis le matin. Rien n’est rassurant », raconte Joséphine Makamba, une défenseuse de droit de l’homme trouvée dans les environs.

Un calme angoissant 

Un calme anormal règne sur la capitale congolaise. Vers 17h30, nous entendons des chants louant le Général Kanyama, commissaire général de la police de Kinshasa. Ce sont les policiers qui font la ronde des quartiers en dansant et en chantant la victoire contre « Les Kulunas », disent-ils dans leurs chants. « Il n’y a eu que quelques petites manifestations en gestation, la capitale de la RDC est relativement calme, mais en paix », raconte le Général Kanyama au groupe de journalistes qui l’entourait pendant son cross-country. Pendant ce temps, l’ONU dénombre 20 morts, pour la seule ville de Kinshasa. Le gouvernement dément ces chiffres.

« Réveillez-vous c’est la fin du mandat »

Les habitants de plusieurs communes de Kinshasa ont eu le courage de manifester leur mécontentement à Joseph Kabila, en entonnant des chants demandant son départ, en mettant le feu à des barricades dans les communes de Masina, N’djili, Kimbaseke, Lemba… « Vers 0h00, j’entends un jeune criant seul dans la rue : Réveillez-vous, c’est la fin du mandat. Réveillez-vous nous devons célébrer la victoire après tant de souffrances, réveillez-vous oh ! oh !  » (Traduit du lingala), raconte Marlène Nzonmbi, une habitante de la commune de Ngaliema.

Ce 21 décembre, la situation sécuritaire reste tendue. Nous espérons que la reprise du dialogue de la CENCO va calmer les différentes tensions.

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