Ça nous arrive presque à tous de rêver, dès l’enfance, d’un métier ou de choisir une activité qui nous passionne et nous aide à nous épanouir : le sport, la musique, la danse et bien d’autres.
Mais face à ces choix, les obstacles ne manquent pas. Les parents, notamment, veulent naturellement ce qu’ils pensent être le mieux pour leurs enfants. Il leur arrive pourtant de décider à leur place, parfois en fonction de ce qu’ils considèrent comme convenable pour une fille ou pour un garçon.
C’est ce qui est arrivé à Nathan, élève en cinquième année primaire. Il aime la danse et voudrait la pratiquer. Mais il ne peut pas compter sur le soutien de son père.
Faire de la danse, c’est devenir une femme ?
Un matin, alors que son père l’accompagnait à l’école, Nathan, passionné par la danse, a eu avec lui cette conversation :
— Alors, Nathan, que fais-tu d’habitude chaque vendredi, le jour de sport ? lui demande son père.
— Je vais toujours dans la salle de sport, papa, mais aucun de ces sports ne me plaît.
— Ah bon ? Tu es vraiment sûr de ça ?
— Oui papa. Moi, je préfère la danse contemporaine.
— La danse, tu dis ? Mais tu es devenu une femme ?
— Mais papa… c’est ça que je veux, moi.
— Je suis déçu.
Pour le père de Nathan, le choix de son fils n’est tout simplement pas le bon. Il aurait préféré le voir pratiquer une activité qu’il considère probablement comme plus adaptée à un garçon.
— Mais Nathan, pourquoi la danse ? Tu ne penses pas à autre chose ?
— Papa, quand je danse, je me sens très bien.
— J’aurais préféré que tu fasses du judo, que tu deviennes judoka comme moi.
— Désolé, papa…
Cette petite conversation dit beaucoup de la manière dont certains stéréotypes de genre peuvent se transmettre dès l’enfance.
Un garçon doit-il nécessairement pratiquer le football, le judo ou d’autres activités considérées comme « masculines » ? Une fille devrait-elle, de son côté, se limiter aux activités que la société considère comme « féminines » ?
Les parents ont certainement un rôle essentiel pour orienter et accompagner leurs enfants. Mais accompagner ne devrait pas toujours signifier choisir à leur place, encore moins enfermer leurs goûts et leurs talents dans des catégories réservées aux filles ou aux garçons.
Nathan ne devient pas une femme parce qu’il aime la danse. Il reste simplement un enfant qui a découvert une activité dans laquelle il se sent bien.
Avant de dire à un enfant : « ça, ce n’est pas pour les garçons » ou « ça, ce n’est pas pour les filles », prenons peut-être le temps de lui demander pourquoi il aime cette activité.
Parfois, derrière un choix que nous ne comprenons pas se cache simplement un talent qui demande à être encouragé.
