L’enseignant-chercheur en sciences politiques Battiston Laisi Mazanga vient de publier, aux éditions L’Harmattan, un ouvrage consacré aux mécanismes profonds qui bloquent la gouvernance et le développement dans la province du Sud-Kivu.
Dans ce nouvel essai intitulé Néopatrimonialisme et pouvoir provincial au Sud-Kivu, préfacé par Alphonse Maindo Monga Ngonga, Battiston Laisi Mazanga pose un diagnostic lucide sur la vie politique locale en République démocratique du Congo.

Si la Constitution congolaise prône, en théorie, les valeurs de méritocratie, d’égalité et de transparence, la réalité du terrain est tout autre.
À travers une analyse rigoureuse, l’auteur démontre comment l’accès au pouvoir provincial demeure largement confisqué par des pratiques informelles, notamment le clientélisme, le népotisme, la corruption et les calculs ethniques.
Des réseaux d’influence au détriment de l’intérêt général
Dans cet ouvrage, le politologue met en lumière les leviers qui tirent, en coulisses, les ficelles de la désignation des dirigeants provinciaux. Il cite notamment les réseaux de patronage et de parrainage politique, les mutualités ethniques, les autorités morales ainsi que l’emprise des partis politiques sur les institutions.
Résultat : le néopatrimonialisme agit comme un véritable frein au développement socio-économique et entretient une instabilité institutionnelle chronique dans la région des Grands Lacs.
Un plaidoyer pour de véritables réformes
Loin de se limiter à un constat pessimiste, Battiston Laisi Mazanga, chercheur à l’Université Officielle de Bukavu et auteur de plusieurs travaux sur la gouvernance locale, propose des pistes concrètes pour sortir de cette impasse.
Il plaide notamment pour une refonte du système politique provincial, fondée sur l’État de droit, la redevabilité des dirigeants et le primat de la compétence.
Cet ouvrage s’adresse à tous ceux qui souhaitent mieux comprendre les enjeux politiques actuels dans l’est de la RDC et les leviers susceptibles de bâtir des institutions véritablement au service des citoyens.
