La notion de self made man est aujourd’hui largement remise en question par ceux qui ont compris que c’est une supercherie. Les personnes présentées comme exemple de réussite ont, pour la plupart, bénéficié d’un coup salvateur à un moment ou un autre quand elles ne sont pas nées dans un environnement familiale aisé. Le cas Kalaa Mpinga est une parfaite illustration. Aussi, celui-ci a survendu ce mythe pour bien cacher sa stratégie prédatrice.
C’est le fils de. Ainsi peuvent se résumer les débuts de l’actuel PCA du Fomin dans le monde professionnel. N’est-ce pas le digne héritier de son père Mpinga Kasenda, ancien premier ministre de Mobutu ? Un dignitaire parmi les plus proches du régime de la deuxième République. Certes les débuts de Kalaa Mpinga au sein de la multinationale Anglo American ne sont pas une simple affaire de « bonne naissance » mais aurait-il pu en arriver là sans être né avec une cuillère d’argent ? Sinon tous les jeunes gens des rues de Kinshasa et autres villes congolaises auraient pu décrocher un job dans la multinationale britannique active dans la production et la transformation minière.
On le disait précédemment
On le disait dans un autre article. L’actuel PCA du FOMIN a trop de controverses déjà quand il se lance dans une venture présentée comme une succès story à l’Africaine. Ainsi écrivions-nous : « Au début des années 2000, Kalaa Mpinga participe à la création de Mwana Africa, un groupe minier présent dans plusieurs pays du continent. À une époque où les grandes multinationales dominaient largement le secteur, le projet est ambitieux. L’objectif est de construire un acteur minier africain capable de mobiliser des capitaux internationaux et d’opérer à l’échelle continentale. »
Le mythe crée de toutes pièces, à propos de l’homme qui s’est fait tout seul et a bâti la seule réussite majeure dans le domaine minier côté africain, s’est effondré un jour de l’an 2015. Cette année-là notre vrai-faux capitaine d’industrie s’est vu débarqué de ce qui fut sa propre maison par des investisseurs chinois qui, visiblement, en avaient marre de lui.
Que conclure ?
Le parcours de Kalaa Mpinga est une classique pour certaines élites congolaises. Ces élites sont plutôt capables d’activer leurs carnets d’adresses que d’apporter des véritables solutions aux problèmes économiques. En bout de course c’est quand même la prédation qui l’emporte car « l’élu » doit renvoyer l’ascenseur à ceux qui l’ont ainsi soutenu.
On doit s’attendre à ce que Kalaa Mpinga fasse du FOMIN un moyen de récompenser ceux qui l’ont soutenu pendant toutes ces années « d’errance » où il a passé son temps à aller de projet foireux en projet foireux. Rappelons que le FOMIN a pour mission de constituer et de gérer un patrimoine matériel et financier, en nature ou en numéraire, afin d’assurer le financement pérenne de la recherche minière et de contribuer à la préparation de l’après-mine, dans l’intérêt des générations futures. Mission d’autant plus inatteignable avec Kalaa Mpinga aux manettes.
