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Lubumbashi : quand le collectif Les Ateliers We’Art Slam fait du slam son affaire

Depuis les premiers ateliers sur le slam organisés par le bureau Wallonie Bruxelles International en collaboration avec le Centre d’art Waza et animés par Jean Chrysostome Tshibanda entre 2017 et 2018, la ville de Lubumbashi connait de plus en plus de jeunes qui s’adonnent à l’art du slam. Cet art qui se scande et s’épanouit à travers le son.

Pour canaliser l’énergie créative des jeunes artistes amateurs de l’art oratoire, Jonathan Ntumba, slameur connu à Lubumbashi, a eu l’inspiration de créer le collectif Les Ateliers We’Art Slam. Composé de 30 jeunes, essentiellement des étudiants, ce collectif se donne pour mission de « mettre en lien écriture et performance, pour remettre des circuits culturels conventionnels de la ville à travers le slam ».

En inscrivant le slam comme un art au service d’une démarche citoyenne, Ntumba et ses collègues cherchent à relever le défi de la tolérance et du « vivre-ensemble ».

Le slam pour valoriser la pertinence des textes

Par le « slam-session », moment d’échanges d’expériences, de création et de critiques entre membres, le collectif Les Ateliers We’Art Slam travaille et peaufine ses textes pour les rendre tangibles, pertinents et digestes à l’oreille du public. Jonathan Ntumba explique : « Il ne s’agit pas pour nous de demeurer prisonniers de rimes vides de sens. C’est pourquoi nous misons sur la pertinence des textes que nous disons devant le public, lors de nos productions.  » Il renchérit : « Grâce à la scène ouverte, nous dénichons et recrutons de jeunes talents qui veulent prendre part à l’aventure. »

Cette envie manifeste du collectif à démocratiser le slam se voit aussi par son ambition à implanter des clubs de slameurs en milieux scolaires et académiques. Ce qui permettra aux élèves et autres étudiants d’être sensibilisés, notamment sur le fait de devenir acteurs du changement au sein de la société.

Quoique variées, les thématiques exploitées visent l’éducation des jeunes sur des questions politiques et sociales. Pour cela, le collectif semble trouver une bonne vitrine : le « Procès slamé » et le « Journal slamé », qui sont des moments forts de spectacle au cours desquels des questions sérieuses de la vie nationale sont traitées avec « élégance et classe ».

Les difficultés ne manquent pas

Comme pour tout artiste, le manque d’argent freine l’élan de ce collectif. « Le peu d’argent limite nos ambitions, explique Jonathan Ntumba. A cela s’ajoutent le manque d’espaces culturels viables dans la périphérie de la ville, et le fait que certains parents annihilent l’esprit créatif de leurs enfants en considérant que le slam est un art des voyous… ».

Néanmoins, nous pouvons dire que le plus important c’est le rêve que porte ce jeune artiste qui ambitionne de créer un festival dédié au slam, pour la valorisation de l’art de la parole. C’est certainement cela « faire du slam son affaire » ! 

 

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