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Maison contre minerais ou contre conflits ?

Les entreprises minières font miroiter de grands gains pour délocaliser des terres habitées. Elles déplacent des communautés locales installées au-dessus des gisements de cuivre et de cobalt. En contrepartie, elles promettent maisons, argent ou encore emplois. Mais parfois, ça finit par des conflits dans ce Katanga minier.

La réinstallation ainsi que les emplois promis posent malheureusement un problème. Ils sont source de mécontentements qui s’expriment parfois par la violence des populations autour des carrières minières. La cohabitation que tout le monde espérait pacifique devient parfois très difficile.

Jusqu’avant la délocalisation de ses habitants vers un nouveau site, les terres convoitées de Kyamba, village proche de Fungurume dans le Lualaba, produisaient arachides et maniocs pour les paysans. C’était le grenier de la cité de Tenke, sur la route de Kolwezi. Les choses étaient ainsi jusqu’à l’érection d’un grand réservoir de stockage de déchets miniers provenant de l’usine de Tenke Fungurume Mining.

Le site est devenu un « bassin de déchets ». Le village, avec son chef et ses terres, a été réinstallé à Mwanga Sungu, Mulumbu kyassa et Kamungu Kyako, sur la route Tshilongo.

Kyamba était aussi un abri des creuseurs artisanaux de cuivre et de cobalt. Les huttes et les habitations faites en sacs plastiques où ils logeaient sont encore là, abandonnées et recouvertes d’épaisses poussières.

« Nos chefs s’en sont mêlés et nous sommes partis sans discuter »

Tenke Fungurume Mining (TFM) a procédé à des dédommagements après la délocalisation. Mais les paysans ne sont pas tous satisfaits.

« On n’avait pas le choix : le besoin était d’avoir une maison et de l’emploi comme ils l’ont promis dans les réunions que nous avons eues avec eux. Il fallait aussi de l’argent pour nos champs détruits. De toutes les façons, les chefs de villages étaient déjà derrière ce dossier », explique Tshikala Ngoy Nicolas, un délocalisé de Kyamba.

Certaines sociétés minières, comme TFM, ont créé des fonds sociaux destinés notamment à gérer les « dégâts » causés par leurs activités. C’est un bureau qui joue le rôle d’interface entre l’entreprise et les communautés locales. Seulement voilà, certains paysans ne croient plus à la distribution équitable de ce fonds. Pour certains, l’exécution des travaux de construction des maisons par les entrepreneurs locaux n’est pas toujours de très bonne qualité.

« Compensation taillée sur mesure »

Mujinga Mwana Jacques est aussi bénéficiaire d’une des 90 maisons que comptent les trois villages réinstallés à Kyamba. Il est employé temporairement comme manœuvre sur ce site. Il rêvait pourtant d’un contrat à durée indéterminée, mais il a reçu quatre mois et pas plus. Mujinga se rappelle que cultiver la terre lui rapportait mieux à l’époque. Aujourd’hui, la délocalisation le place dans une situation de dépendance et l’appauvrit.

Il semble que les maisons nouvellement bâties n’appartiennent pas automatiquement aux personnes délocalisées. Les occupants doivent payer 22 000 dollars américains pour occuper définitivement ces maisons.

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Les commentaires récents (1)

  1. Article intéressant qui nous fait mieux comprendre l’importance d’être bien informés lorsqu’on a besoin d’entamer des clauses avantageuses avec les parties prenantes.

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