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Mbujimayi : l’interminable stade Kashala Bonzola

Lancés en fanfare en juin 2014, les travaux de construction du plus grand stade de Mbujimayi sont loin d’être terminés . Pourtant, le gouverneur Ngoyi Kasanji, initiateur de ce grand projet, avait parié que ce stade allait être fin prêt dans les six mois. Aujourd’hui, cela fait trois ans.

« A quand la fin des travaux de ce stade Kashala Bonzola ? » se demande le blogueur Dan Scott de Goma. Trois ans après, Ngoyi Kasanji lui-même n’en parle plus. Le stade n’est pas fini ; les matches de la Champion’s League pour lesquels il était construit ne s’y sont jamais joués.

Manque de moyens ?

Ce n’est pas par manque de moyens que les travaux tirent en longueur. L’argent, il y en a eu, mais pas de bonne gestion. Le coût global du projet était évalué à trois millions de dollars. Toute la population a contribué à réunir ce montant. Les uns amenaient l’argent liquide, les autres offraient des biens en nature : sacs de ciment, pierres, barres de fer, planches …

L’initiative était tellement louable qu’elle a suscité l’adhésion de plus hautes personnalités du pays. Le président de la République Joseph Kabila lui-même -à en croire Ngoyi Kasanji- a contribué à hauteur d’un million de dollars américains pour l’érection de ce stade voulu moderne. Moïse Katumbi, ex-gouverneur du Katanga, a offert 100 000 dollars américains comme contribution. L’évêque de Mbujimayi, au nom de son diocèse, a remis un tableau d’affichage électronique pimpant neuf acheté en Europe.

Les hommes d’affaires, les diamantaires et les commerçants ne sont pas demeurés en reste. Même les expatriés asiatiques vivant à Mbujimayi ont mis la main à la poche pour soutenir le projet. Curieusement, jusqu’à présent l’ouvrage n’est toujours pas prêt.

Des contributions forcées, il y en a eu aussi

Aujourd’hui, les langues se délient. Tous les services attachés au gouvernorat et les agents de la direction provinciale des recettes de l’époque ont été sommés par le directeur de cabinet du gouverneur en 2014 à contribuer aux travaux avec les sacs de ciment. Ils l’ont fait, malgré eux.

Au-delà des dons, contributions et autres, il y a eu aussi la précipitation dans l’exécution des travaux du stade. L’objectif était d’aller vite, afin que l’équipe de Sanga Balende puisse jouer  ses matches de la Champion’s League de la CAF à domicile en févier 2015. Cette précipitation a eu pour conséquence de pousser les architectes à bâcler les travaux. Et quand la pluie est venue, les murs et les gradins s’écroulaient les uns après les autres. Et à chaque fois, il fallait tout recommencer.

Aujourd’hui, nul ne sait quand ce stade sera inauguré.

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