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A Lubumbashi, les stéréotypes sur les métis persistent

A Lubumbashi, le temps passe, mais les stéréotypes  autour des métis restent intacts. Des clichés que l’inconscient collectif nourrit à tort et à travers. On les présente souvent comme coureurs de jupons (aventuriers), voyous, mécaniciens ou conducteurs de camions poids lourds.

Les femmes métisses, quant à elles, n’échappent pas à ce jugement populaire. Certains Congolais considèrent qu’elles attirent tout ce qui bouge : de véritables vamps ! Comment changer ces idées reçues et discriminatoires ou insultantes pour les métis ?

Dans cette vidéo en swahili, sous le trait de l’humour, on peut entendre l’artiste comédien Serge Manseba dire que les métis quoi qu’il advienne, peuvent finir conducteurs de camions, mécaniciens ou même disc-jockey (DJ). Si le comique de Lubumbashi le dit dans l’humour, le fond de sa pensée résume ce que beaucoup de Lushois pensent. 

Personnellement, cela me choque. Je partage une amitié avec un métis. Le moins que l’on puisse dire c’est que certaines personnes prennent trop au sérieux ces idées reçues. Par exemple, parce que je me promène souvent avec mon ami-là, on a fini par croire que moi aussi j’étais un délinquant et un drogué aux mœurs légères. Ce qui est très faux d’ailleurs.

Des clichés discriminatoires

Mon ami qui est un brillant ingénieur de la faculté de polytechnique de l’Université de Lubumbashi, alors qu’il voulait convoler en justes noces, a buté contre ce problème de stéréotypes. Il était pointé du doigt du fait de sa couleur de peau. Les parents de la fille ne voulaient pas de lui, le prenant d’office pour un « voyou » parce que métis. 

Leur « race », –le mot est malheureusement sorti !–, n’avait pas bonne presse selon eux. Sans même chercher à savoir ou à vérifier si c’était un bon gars, le sort de mon ami était déjà scellé. Heureusement, le mariage a fini par avoir lieu grâce à plusieurs plaidoyers.

Lorsqu’ils sont en face d’un métis ou d’une métisse, beaucoup ont cette façon de voir ces personnes. On se surprend en train de chercher un tatouage çà et là, on regarde si la coiffure n’est pas trop bizarre, on scrute l’habillement, etc… Bref, on juge et stigmatise systématiquement. 

A Lubumbashi, on a vraiment grandi avec ces clichés, à tel point qu’ils sont mêmes devenus des réflexes malgré notre bonne foi.

Ces idées reçues ne sont pas à généraliser 

Les voyous, les délinquants, les aventuriers, les croqueuses d’hommes, les mécaniciens ne se comptent pas que dans les rangs des métis. Ces idées reçues ne sont pas vraies et ne sont que des préjugés que l’on doit abandonner à tout prix. Pourquoi si une femme métisse a été infidèle, on doit ramener son forfait à toute la communauté métisse et penser que toutes sont ainsi ? Je nous questionne. Pourtant, nos tribunaux ne sont pas remplis de tels cas, mais de ceux des non-métis.

Il est aussi vrai, par ailleurs, que certains métis(ses) surfent sur ces clichés pour justifier leurs comportements déviants. Les femmes, quand elles n’ont pas envie d’étudier par exemple, elles utilisent leurs teints – les peaux claires étant très prisées à Lubumbashi et au Congo en général -, pour soutirer certains avantages à des hommes qui les courtisent. Mais cela ne doit pas justifier nos regards discriminatoires envers ces personnes.

Pourtant on les voit, ces métis qui sont de plus en plus nombreux à occuper des postes à responsabilités, à faire des études supérieures. Ils sont médecins, ingénieurs, avocats, politiciens, etc.

Changeons nos mentalités. 

 

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