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Nord-Kivu : la hausse du prix des poches de sang met des vies en danger

La poche de sang sécurisé est passée de 16 à 120 dollars américains dans les hôpitaux du Nord-Kivu. Depuis la suspension de l’appui du Fond mondial au Centre provincial de transfusion sanguine du Nord-Kivu, ce centre spécialisé dans le traitement du sang risque de fermer ses portes.

Ne recevant plus aucun appui financier ni des partenaires, ni du gouvernement depuis 2014, le Centre de transfusion sanguine du Nord-Kivu n’a pas eu d’autre solution que d’augmenter les prix des poches de sang. Le prix a été multiplié par 7,5 pour faire face aux besoins de la structure. Conséquences : dans plusieurs  hôpitaux, on recourt actuellement à des transfusions de sang non sécurisé, avec  risque de transmission de maladies. La hausse du prix des poches de sang met des vies en danger surtout lors des opérations chirurgicales ou des accouchements qui nécessitent une transfusion sanguine. Liliane Bwiza est la coordonnatrice du Centre de transfusion sanguine du Nord-Kivu. Elle répond aux questions de Habari RDC.

Habari RDC : pourquoi cette hausse vertigineuse du prix d’une poche de sang dans les hôpitaux du Nord-Kivu ?

Liliane Bwiza : Ces derniers temps, nous avons de sérieux problèmes dans la mise en œuvre de nos activités. Nous enregistrons d’abord une baisse criante des dons de sang des donneurs bénévoles et une chute de nos indicateurs. Depuis l’arrêt  du financement du Fonds mondial en juin en 2014, nous asseyons de remplir notre mission à la limite de nos moyens. Aujourd’hui, nous sommes au bout de nos forces, nous ne pouvons plus  fournir de sang de qualité à prix bas comme avant. Nous sommes obligés d’augmenter le prix de la poche de sang.

Comment assurez-vous la sécurité du sang que vous livrez aux hôpitaux?

Notre centre a mis sur pied quatre laboratoires spécialisés de traitement de sang pour la production de sang sécurisé dans les hôpitaux de notre province. Il s’agit des sites de Goma, Rutshuru, Butembo et Beni. Ces sites couvrent  actuellement  quatorze zones de santé par nos efforts locaux. Mais ces efforts nécessitent un appui des partenaires pour que le prix d’une poche de sang puisse baisser et revenir au prix normal.

Concrètement quels sont les facteurs qui ont fait grimper les prix et quelle serait la solution ?

Il y a d’abord la baisse des dons de sang par les donneurs bénévoles, mais aussi et surtout le prix des réactifs pour faire tous les tests afin de s’assurer de la sécurité du sang. Le coût pour conserver le sang est également exorbitant. C’est notre partenaire qui assurait tout cela, et aujourd’hui il nous faut seuls supporter tout cela. Les solutions sont claires : il nous faut un appui financier et logistique en terme de matériel, de fonds et de formation de tous les intervenants de la chaîne de distribution du sang.

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Les commentaires récents (1)

  1. Il est aussi important de penser à comment pérenniser les actions des organisations qui sont soutenus par des partenaires extérieurs de façon à ne pas dégrader leur état en dehors de l’appui technique…

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