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Un peu de populisme c’est pas mal cher Félix Tshisekedi !

Je crois qu’il faut encourager le président de la RDC sur certaines actions qui vont dans le bon sens. Prix du billet d’avion, prix du kilo d’aliments surgelés… s’il y a des raisons à être fier d’un peu de populisme, je crois qu’on tient ici un bon petit exemple. Vous ne trouvez pas ? J’explique.

Je n’ai jamais été président de la République, et en toute simplicité, je n’en rêve pas un seul instant. Je crois que ma condition me suffit, et que cela ne m’empêche toutefois pas d’imaginer ce que doit être la fonction présidentielle.

Pour moi, un président de la République, c’est souvent pas beaucoup de choses tout droit sorties de l’extravagance congolaise. Ce n’est pas un amalgame de grands bâtiments, grandes rues et fêtes à n’en point finir, comme à la kinoise.

Non, la fonction présidentielle c’est un assemblage de petites briques qui font de grands bâtiments. C’est aussi simple que cela. C’est, comme le fait parfois Félix Tshisekedi, humaniser le voyage par avion. Payer 180$ ou 250 où il en fallait 350 ou plus.

C’est aussi montrer que tout le monde doit manger à sa fin. Et c’est ce que le régime de ce président qui adore les petites annonces à vocation populiste vient de faire encore. Je viens d’apprendre, en effet, qu’une entente avec les importateurs des aliments surgelés a été trouvée.

Bravo, Félix Tshisekedi

Selon cette entente, les prix des viandes et des poissons importés vont drastiquement baisser. En compensation, l’Etat va consentir des allègements fiscaux. Bravo, si nous passons de l’annonce aux actes et si, surtout, cela dure.

Alors, qualifiez tout cela de mesures populistes, c’est selon chacun bien évidemment. Mais, remarquez bien que toute fonction présidentielle n’a de sens que quand elle se borne à servir. Servir sa population et non ses électeurs. Il s’agit bien de servir son pays et non ceux qui vous soutiennent, comme on le voit souvent en Afrique et au Congo.

Quelle puissance étrangère, par exemple, empêche un gouvernement à donner de l’eau et de l’électricité à sa population ? Qui au Congo, signe avec des étrangers des contrats qui ne profitent pas au Congo ?

Voilà encore une fois un terrain où la fonction présidentielle se montre plus légitime et plus cohérente. J’espère que Félix Tshisekedi regardera aussi tout cela très bientôt. Mais en attendant, je voudrais l’inviter à ouvrir l’autre oeil. Car j’ai bien impression qu’il ne voit que d’un seul.

Toute la lutte des dernières semaines, -prix du billet d’avion, prix du kilo des aliments surgelés-, porte seulement sur des productions étrangères à plus de 90%, dans l’ensemble.

Populiste et fier de l’être ?

Regarder cela de deux yeux permet de remarquer que le Congo souffre et que ces solutions quelque peu conjoncturelles risquent de ne pas durer. Ou, sinon, elles risquent de priver l’Etat d’un peu de ressources. Désolé si cette théorie ne colle pas, je m’essaie sur un terrain inconnu.

Est-il que je voudrais dire ici au président Tshisekedi qu’il est important que le Congo produise ses biens et services, au Congo ! Il n’y a que comme ça que les gens boiront et mangeront à leur faim. Seulement de cette façon, l’Etat sera pleinement attelé à accomplir ses devoirs et bénéficiera de l’appui de la population.

Alors, il n’y aurait pas de honte à plonger dans un tel populisme. Ce serait un populisme digne, et fier.

 

 

 

 

« Cet article est écrit avec l’appui technique d’Internews, grâce au financement de la coopération suédoise, l’USAID et la coopération suisse.  Les opinions partagées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Agence Suédoise de Développement International (ASDI), de l’USAID, la coopération suisse, ainsi que des gouvernements suédois, des États-Unis et suisse. »

 

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