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Pauvres populistes congolais ! A quelle urgence répond la loi sur la dot ? (Partie 1)

Sur le plan social, à quelle urgence le projet de loi sur la dot vient apporter une solution en RDC ? Depuis des semaines, je pose cette question sans que personne ne me donne une réponse sérieuse. Il me semble plutôt que derrière ce projet de loi Mbau se trame un populisme qui ne dit pas son nom.

Il suffit en effet de lire la somme de commentaires sur les réseaux sociaux. Ceux qui sont pour ou contre… Tout se passe comme s’il suffisait qu’une dot soit très faible pour qu’enfin les Congolais soient délivrés de leurs problèmes.

Ce n’est pas la délivrance

Non, ce projet de loi n’est pas un saint graal, pas non plus une panacée ! Qu’on se le dise. Le plus dur dans la vie conjugale, ce n’est pas de s’unir, mais de rester longtemps unis. Ce n’est pas d’avoir payé une dot (grosse ou petite) qui compte, mais de pouvoir continuellement tenir les charges de son ménage. Il faut entretenir son conjoint, se préparer à avoir les enfant et les entretenir, leur donner une bonne éducation.

Or, toutes ces contraintes qui n’apparaissent pas en amont du mariage, reposent sur un substrat plus socio-économique. Il faut au moins une source de revenu sûre, stable, pour qu’enfin les mariés ou futurs mariés s’assurent de pouvoir mieux vivre. Je veux dire qu’il faut de l’emploi où l’on travaille pour soi-même ou pour un employeur. Or, à ce jour, le Congo demeure toujours sous la barre de 26% de taux d’emplois (84% de chômage) selon le site Investir en RDC.

L’autre défi auquel plusieurs ne pensent pas quand ils rêvent de mariage, ce n’est pas toujours ce qu’on va manger, mais comment se maintenir en bonne santé tout le restant de ses jours en couple. Puisqu’on ne sera pas seul, il faudra compter sur l’arrivée des enfants qui, on le sait, tombent plus souvent malades au cours des quinze premières années de leur existence.

La dot, une urgence pour les futurs mariés ?

Comment préserver la santé de la mère et des enfants une fois en couple ? Vous le savez, la santé maternelle et infantile est souvent fragile. On fait quoi avec une famille qui a plus de cinq enfants ? Puisque cela a certainement un coût élevé pour la famille et son économie.

Comment soutenir la santé de ceux qui ne peuvent par eux-mêmes s’offrir des soins de qualité ? Comment protéger la mère, étant donné que plus elle donne naissance, plus elle se fragilise physiquement ? L’Etat intervient à quel niveau, et avec quoi ? Apporter de la nourriture à chaque enfant qui naît ? Jusqu’à quel âge, par exemple ?

Toutes ces questions sociales, vous le savez, on ne se les pose pas dans notre Congo. Nos députés n’ont pas souvent le courage d’oser en parler. Et quand il leur arrive enfin de parler, ils sélectionnent ce qui joue sur les passions.

Dans la suite de ce blog, je vous dirai à quel point les débats en cours sur la dot ne font pas avancer le Congo. Autrement, la loi ne répond pas à un vrai problème pour ceux qui veulent se marier.

 

*Cet article est écrit avec l’appui technique d’Internews, grâce au financement de la coopération suédoise, l’USAID et la coopération suisse.  Les opinions partagées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Agence suédoise de développement international (ASDI), de l’USAID, du gouvernement suédois et du gouvernement des États-Unis.

 

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