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Procès Kamerhe : qui pour remplacer le vaillant juge Raphaël Yanyi ?

Le Congo tout entier est encore consterné par la disparition inattendue du juge Raphaël Yanyi Ovungu. C’est ici pour moi l’occasion de lui rendre un vibrant hommage. Si J’étais le gouvernement, je décréterais même un jour de deuil national. J’exagère peut-être, mais pourquoi pas ? La mémoire de Raphaël Yanyi mérite des éloges. Que son âme repose en paix.

Cependant, le pays doit avancer. On devra non seulement nous dire la vérité et toute la vérité sur la mort jusque-là suspecte de l’illustre juge, mais aussi le tribunal de grande instance de Kinshasa devra désigner son successeur pour piloter ce procès de 100 jours qui commence à faire peur.

Quand vous jugez des puissants !

Tant que les résultats de l’enquête n’auront pas établi le contraire sur la mort du magistrat Yanyi, on considérera toujours qu’il est mort d’une mort non criminelle. Mais en dehors de cela, rendre justice dans un dossier qui oppose des puissants n’est pas chose facile. Or, ce fameux procès de 100 jours n’implique que des poids lourds, des éléphants, mieux, des lions. Si vous ne faites pas attention, ils peuvent vous dévorer ou se dévorer entre eux.

Vital Kamerhe est un homme politique très puissant dans notre pays. Sami Jammal, un puissant homme d’affaires ; la République, qui est la victime des détournements présumés à l’origine de ce procès, est aussi très puissante. Surtout qu’elle veut montrer son État de droit à la face du monde. Et au milieu du ring, un « simple » juge pour arbitrer le « combat », un président du tribunal de grande instance de Kinshasa Gombe. Imaginez toute la pression psychologique qui accompagne un tel procès ! Représentez-vous les menaces et les coups de fil que vous pouvez recevoir ! Raphaël Yanyi a-t-il eu la malchance de gérer un dossier des puissants ? Bon ! Loin de moi de verser dans de stériles polémiques.

Le procès Kamerhe fait-il trembler ?

Pour un procès radio-télévisé impliquant d’aussi grands acteurs, le juge Raphaël Yanyi s’est montré à la hauteur de sa tâche. Rien à lui reprocher, jusqu’à preuve du contraire. Voilà qui devra donner de la nervosité à tout celui ou toute celle qui pourra lui succèder. Le président du Syndicat autonome des magistrats du Congo, Edmond Isofa, a déjà annoncé que le tribunal de grande instance de Kinshasa désignerait la personne qui reprendra le poste laissé vacant par le défunt au procès de 100 jours. Le défi c’est d’être à la hauteur ou salir la justice. Ne pas avoir peur de la défense ni de la partie civile, encore moins du ministère public. Bref, dire le droit et rien que le droit. C’est ce que la population attend.

 

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