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Réactions de lecteurs sur notre texte intitulé : « La diaspora, un frein contre la musique congolaise ? »

La semaine dernière, vous étiez nombreux à réagir à notre article concernant l’annulation des différents concerts des chanteurs congolais par les « combattants » à l’étranger. Le blogueur Fiston Mahamba, auteur de ce texte, se questionnait sur les raisons de toutes les perturbations des concerts des musiciens congolais en Europe.

Pour le blogueur Fiston Mahamba, la diaspora congolaise doit se ressaisir et mettre fin à cette censure imposée par les « combattants » à tous les chanteurs en provenance de Kinshasa (même à ceux qui n’ont pas chanté pour Kabila aux élections de 2011). Certains d’entre vous étaient d’accord avec notre blogueur, d’autres pas. Nous avons mis en exergue quelques unes de vos réactions sur nos réseaux sociaux et nous y avons répondu.

On ne peut danser quand le pays est en deuil

Sur Facebook, Jean-Pierre Sedzabho déclare qu’on « ne peut pas fêter quand il y a la tristesse… Les musiciens doivent rester au pays pour qu’ensemble nous luttions contre l’injustice ». Cette vision des faits est partagée par d’autres lecteurs comme Alice Botethi et Jefferson Saamoja.

Rudy Nzikianda nous fait réfléchir en évoquant l’exemple extrême du génocide au rwandais : « Imaginez-vous, pendant le génocide au Rwanda, des artistes musiciens rwandais décident d’organiser une tournée pour faire danser leur communauté à l’étranger et s’amuser pendant que leurs frères sont en train d’être tués ! … »

Beaucoup de compassion pour le pays

Le point commun de toutes vos réactions « pro-combattants » est que vous (nos lecteurs), vous pensez que tout Congolais doit témoigner de la compassion pour notre pays qui traverse une crise politique grave. Ce qui est une bonne chose. Cependant, interdire les manifestations à caractère culturel -tels que les concerts de musique- est-ce cela compatir à nos malheurs ? Je ne crois pas ! Bien plus, les résultats de cet embargo culturel ne sont pas positifs. Ils sont plutôt inutiles et portent préjudice au développement du pays.

La situation politique et sécuritaire en RDC reste toujours tendue, en dépit des manifestations des « combattants » contre les musiciens. N’oubliez pas qu’en empêchant Fally Ipupa ou Koffi Olomidé de se produire en Europe, cela ne fait ni chaud ni froid au régime de Joseph Kabila. Bien au contraire, les kabilistes s’en moquent et continuent leur chemin.  

La musique congolaise en perte de vitesse

En outre, sur la scène musicale africaine, le Congo est détrôné par le Nigeria depuis quelques années. Ces interdictions seraient l’une des causes majeures de la chute de l’emblématique rumba congolaise. Raison pour laquelle José Lukute, un autre « Habari follower », a déclaré : « Laissez les musiciens faire leur travail… » José Lukute est soutenu par Albert Leu Serel qui, sur Twitter, s’exprime en disant : « On ne peut pas changer un régime comme celui de Kabila à travers une chanson. Cessons d’annuler les concerts ! »

Réfléchissons un peu entre nous. Imaginez qu’au cours d’un concert au Zénith de Paris, le musicien Fally Ipupa par exemple en profite pour faire passer un message de paix et de démocratie en RDC. Cela ne serait-il pas plus utile pour le pays qu’un concert interdit de manière émotionnelle ?

Les chanteurs qui réclament la paix

Werrason a profité récemment de son concert au Festival Amani pour faire passer un message de paix. Il a aussi appelé au calme alors que la situation était tendue dans la capitale après le décès d’EtienneTshisekedi. Avez-vous oublié cette forte déclaration de Fally Ipupa en 2013, sur Jeune Afrique : « Nos dirigeants doivent amener la paix une fois pour toute. » Au lieu d’interdire les concerts au risque de mettre notre musique en péril, permettez plutôt que ces concerts se jouent avec un engagement pour la paix et la démocratie de la part de nos musiciens.

La paix n’est pas un mot vain qu’on réclamerait de l’autre en usant de la violence. Si vous voulez la paix, soyez les premiers à la faire.

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