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Comment résoudre la question du transport des étudiants à Lubumbashi ?

L’écho de la grogne des étudiants de Lubumbashi a retenti partout en RDC fin janvier 2019. Ils réclamaient l’eau et l’électricité, mais aussi la baisse des frais d’études et des prix du transport en commun. A propos du transport, le prix de 200 francs congolais annoncé – au lieu de 500 FC actuellement – me paraît aussi conflictogène que les causes des protestations elles-mêmes.

En réalité, la ville de Lubumbashi n’a pas de moyens de transport public propres pour assurer les déplacements des étudiants sur plus de 5 km, du centre-ville au campus de l’Unilu (Université de Lubumbashi). Mais les autorités ont décidé de réduire le prix du transport sans prévoir des mesures d’accompagnement. On comprend qu’il fallait contenter les étudiants qui commençaient à inquiéter tout le monde. Le nouveau président de la République a ordonné l’arrestation des policiers impliqués dans les violences qui ont coûté la vie à un étudiant et un écolier.

Mesure difficile à suivre

Mais il faut dire que payer 200 FC contre 500 (soit un gap de 300 FC) est préjudiciable au travail des transporteurs privés qui se rendent au campus de Kasapa. Personne ne voudra de ça, et d’ailleurs dès la semaine qui a suivi, beaucoup de taxis n’ont pas respecté cette mesure.

« Les détenteurs des bus privés aident l’Etat dans sa mission de transporter les étudiants », rappelle Alex Munda, propriétaire des bus affectés sur la route menant à l’Université de Lubumbashi. Il déclare qu’il ne peut « travailler pour rien ! » En plus, il déplore de nombreuses taxes routières sur cet axe. « Nous sommes soumis à de multiples taxes à payer au fisc et à la PSR [Police de circulation routière, NDLR]. Il y a aussi l’assurance obligatoire et les taxes de la Mairie », ajoute-t-il.

Pas de monnaie à rendre, bonjour les conflits

« Maintenir le prix du transport à 200 francs congolais est une solution inefficace. Comment maintenir des cautères sur une jambe de bois ? », s’interroge un chercheur en économie de l’Université de Lubumbashi. Chaque fois les petites coupures de francs congolais manquent pour faciliter les échanges, avec pour conséquence la hausse des prix du transport en commun. « Soit les passagers recevront en retour des bonbons, soit ils se verront obligés d’aller se partager à deux ou à quatre, de grosses coupures de francs congolais, ce qui sera source de disputes entre passagers », fait remarquer l’économiste.

La baisse du prix du transport dans ces conditions risque de créer d’autres mécontentements. Pourtant, la solution semble simple : que l’Etat consente des allègements fiscaux pour les transporteurs qui effectuent la ligne Kasapa-Université de Lubumbashi. Il s’avère aussi nécessaire de décongestionner le réseau routier menant vers l’université souvent saturé aux heures de grands trafics. Ce qui conduit les transporteurs à imposer des prix non fixés par les autorités urbaines, étant donné qu’ils perdent trop de temps dans les bouchons.

 

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