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[Revue de presse] Elections ou violences en perspective en RDC ?

Improbables élections créatrices d’inquiétudes en Républiques démocratiques ! C’est désormais ni en 2017 ni avant mi-2019. La Céni a besoin de 504 jours au moins, pour organiser ces élections déjà reportées deux fois. Et le décompte n’a même pas encore commencé que l’opposition accuse Kabila d’avoir lancé une guerre contre le peuple congolais. Voici la revue de presse de Didier Makal.

« À Kinshasa, l’élection présidentielle s’éloigne encore », titre Le Figaro. Le scrutin censé trouver un successeur à Joseph Kabila dont le mandat a expiré en 2016, a été repoussé à 2017, et à présent à 2019. 504 jours avant la présidentielle, cela permet à Kabila de gouverner jusqu’à mi-2019, note Le Figaro. Un délai qui rend « caduc » l’accord signé le 31 décembre 2016. Cet accord « avait pourtant permis d’éviter les violences redoutées après le maintien à la présidence de Joseph Kabila », note le média français. Un diplomate européen pointe à ce propos, « un net retour à la case du départ, avec tous les risques que cela implique. »

Une transition « inacceptable » !

Ce « report des élections en 2019 suscite de nombreuses réactions politiques », écrit RFI. « Inacceptable », selon Christophe Lutundula, porte-parole de la coalition G7, membre du Rassemblement de l’opposition. Et d’ajouter : « Cela signifie simplement qu’ils gagnent du temps pour tout verrouiller et à un moment donné improviser les élections pour les gagner. Ce qui est tout à fait contraire à la Constitution et ce qui serait en tout cas un fâcheux précédent et porteur de la déstabilisation de notre pays. » Alain Atundu, porte-parole de la majorité au pouvoir, conseille par contre de se plier aux exigences techniques : « Cette communication de la Céni est un appel à la raison, à la classe politique particulièrement à nos partenaires de l’opposition qui pensaient imposer leur volonté sur les contraintes techniques. »

Pour Félix Tshisekedi, leader du Rassemblement de l’opposition, « Joseph Kabila a déclaré la guerre au peuple congolais », écrit Jeune Afrique. Ce média constate, en plus, la mort de l’accord sur la transition. « L’annonce de la Ceni enterre définitivement l’accord du 31 décembre entre le pouvoir et l’opposition. Conclu sous l’égide de l’Église catholique, le texte prévoyait des élections présidentielle, législatives et locales au plus tard fin 2017. »

Joseph Kabila dans « la forfaiture », selon Félix Tshisekedi

TV5 rapporte une « fronde » de députés de l’opposition. Ils accusent le président Kabila de « forfaiture », écrit le média. TV5 explique toutefois que l’ONU continue de presser les dirigeants congolais. Le chef de la Monusco, Maman Sidiku a défendu au Conseil de sécurité de l’ONU jeudi dernier la nécessité de « la publication d’un calendrier électoral réaliste, l’établissement d’un budget pour la tenue des élections, la mise en œuvre des mesures de décrispation et la garantie du respect des droits et libertés fondamentales », conditions pour qu’avance le processus électoral en RDC.

« Rien d’officiel », écrit  toutefois, le site Cas-Infos au sujet de cette déclaration de la Ceni. Jeudi dernier, le porte-parole du Quai d’Orsay déclarait : « A notre connaissance, il n’y a pas eu de communication officielle de la part de la Commission électorale nationale indépendante concernant le calendrier électoral. Comme nous l’avons indiqué à maintes reprises, nous demandons la mise en œuvre urgente et complète de l’accord politique du 31 décembre 2016, afin que des élections crédibles et inclusives puissent avoir lieu le plus rapidement possible. »

Ces nombreuses réactions vont-elles faire reculer Kinshasa ? Le site Actualite.cd rapporte les propos du n°2 de la Céni, Jean-Pierre Kalamba qui laisse entendre des possibilités de réduire le délai de 504 jours. Cela est possible si les lois attendues sont rapidement votées, par exemple. « Si quelqu’un dit qu’il connaît un imprimeur qui peut produire le bulletin avec le format présenté en deux mois au lieu de trois, on peut gagner du temps », a déclaré Jean-Pierre Kalamba.

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