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Quel est le véritable rôle des droits de l’homme dans un Etat ?

En RDC, plusieurs personnes ont une idée négative des droits de l’homme. À Kinshasa, certains pensent que le respect des droits de l’homme protège et entête les kuluna (gangs de rues) et d’autres malfaiteurs en cravate. Ce type de raisonnement prouve qu’on ne connait pas le rôle des droits de l’homme.

Il arrive à juste titre que plusieurs personnes dénoncent l’impunité ou le manque de sanctions sévères contre des délinquants communément appelés kuluna à Kinshasa. Mais cela n’est pas une raison pour bafouer les droits de ces derniers. En fait, les droits de l’homme n’encouragent nullement l’impunité.

C’est quoi le rôle des droits de l’homme ?

Il existe plusieurs types de droits, mais on ne va pas les évoquer tous dans cet article. Ici, nous nous intéressons aux droits de l’homme. Selon la Déclaration universelle des droits de l’homme, il est plutôt question des droits inhérents à tout être humain, sans distinction de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion ou d’opinion, politique ou autre, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. C’est-à-dire que les droits de l’homme sont des droits qui ne dépendent pas des lois édictées dans un pays. Les droits de l’homme sont des libertés que l’individu tire de sa nature humaine et constituent les données juridiques premières de la vie.

Qui peut revendiquer les droits de l’homme ?

Les droits de l’homme sont des droits tels que le seul critère pour en bénéficier est d’être une personne humaine. Ils visent à préserver la vie, la liberté et la dignité humaines. Ce sont des droits inaliénables et on ne peut les perdre que dans des conditions fixées par la loi. De ce point de vue, même un kuluna ou toute personne présumée coupable d’une infraction quelconque a des droits qu’il faut respecter. Néanmoins, ces droits peuvent être suspendus ou limités par l’autorité régalienne, et ce, conformément aux lois établies. Et donc, il n’appartient pas à la population par exemple de se faire justice, en battant à mort un voleur ou un kuluna.

Il convient de noter que plusieurs juristes et philosophes critiquent la supériorité des droits de l’homme sur les lois nationales. C’est le cas de Jeremy Bentham, qui estime que la Déclaration universelle des droits de l’homme viole la souveraineté des Etats. Pour lui, les droits sont et doivent être créés par la loi, et la loi est le commandement du souverain. Les droits naturels n’existent pas, a-t-il affirmé.

Dans tous les cas, on est tous d’accord que les droits de l’homme constituent une véritable barrière contre tout pouvoir dictatorial. La souveraineté d’un Etat ne peut être arbitraire et illimitée ; elle est limitée de manière à permettre à ce que tous les individus vivent dans des conditions qui respectent la dignité humaine.

 

 

 

 

« Cet article est écrit avec l’appui technique d’Internews, grâce au financement de la coopération suédoise, l’USAID et la coopération suisse.  Les opinions partagées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Agence Suédoise de Développement International (ASDI), de l’USAID, la coopération suisse, ainsi que des gouvernements suédois, des États-Unis et suisse. »

 

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