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Selon le Front Citoyen 2016, « le pouvoir a décidé d’affronter ses citoyens »

Le processus électoral en RDC peine à se lancer alors que le mandat du Président en exercice tend à sa fin. Les partis politiques, les mouvements citoyens et la société civile prennent position.

La libération de certains prisonniers politiques et d’opinion comme geste d’ouverture de l’espace politique semble diviser la jeunesse. Nous nous sommes entretenus avec Floribert Anzuluni, coordinateur du Front Citoyen 2016 sur ces questions. Interview.

 

C’est quoi le front citoyen 2016 ? Qui sont ses membres et quels sont ses objectifs?

Le Front Citoyen 2016, initié à la fin de l’année dernière par le collectif FILIMBI, est un rassemblement non partisan pour tous les citoyens congolais qui veulent militer pour le strict respect de la Constitution. Le principal objectif est donc de mobiliser les citoyens pour qu’ils agissent ensemble à travers des actions citoyennes, de manière non violente et dans le strict respect de la Constitution et des lois afin de contraindre l’actuel président à quitter le pouvoir au plus tard le 19 décembre 2016. Il ne s’agit donc pas d’une plateforme politique ou électorale.

Quelle est la position du Front Citoyen 2016 par rapport au processus électoral en cours?

La position du Front est très claire et surtout constante. Le processus électoral a été volontairement retardé et bloqué par le pouvoir actuel qui tient à tout prix à violer la Constitution en maintenant l’actuel président au pouvoir au-delà de son mandat. Après avoir tenté de modifier la Constitution et la loi électorale, ce qui a coûté la vie à des dizaines de compatriotes violemment tués par les forces de l’ordre, le président s’est octroyé le soutien de la Commission Electoral Nationale Indépendante (CENI), une structure d’appui à la démocratie qui n’a de démocratique et d’indépendant que le nom car il est établi aujourd’hui que cette dernière est totalement inféodée au pouvoir. Cette commission, qui doit agir dans le strict respect de la Constitution et des lois, s’est même permis de déclarer à plusieurs reprises qu’il n’est plus possible d’organiser l’élection présidentielle dans les délais constitutionnels.

Que dit le Front citoyen 2016 face aux rumeurs qui circulent sur une probable division du collectif après la rencontre des activistes de la Lucha avec le Président à Goma?

Il est clair que la stratégie du pouvoir est de fragiliser les différentes organisations qui agissent pour le strict respect de la Constitution et le départ du président Kabila. Après l’opposition politique, ils tentent maintenant de s’attaquer aux citoyens à travers la jeunesse majoritaire, incontrôlée et qui est décidée à imposer cette alternance démocratique coûte que coûte. Cette jeunesse étant à ce jour incarnée par quelques mouvements citoyens tels que la Lucha ou encore Filimbi, ces derniers sont donc devenus les principales cibles. La dernière rencontre des frères de la Lucha avec le président Kabila avait pour objectif de les discréditer en colportant des fausses rumeurs et des ressources (financières, humaines et logistiques) importantes semblent avoir mis à disposition pour ce travail de sape mais heureusement nous sommes informés. En définitive, le pouvoir a décidé d’affronter ses citoyens, il cherche tout simplement à diminuer la pression et la détermination des citoyens, cela passe bien entendu par la division, d’où la récente convocation forcée du dialogue du « glissement ». Il est primordial que la jeunesse ne tombe pas dans ce piège, nous devons rester mobilisés et soudés.

Quelles sont les actions que vous projetez dans les prochains mois ? Votre position reste-t-elle la même ?

La libération de nos frères prisonniers politiques/d’opinions est une excellent nouvelle mais non une faveur. Une fois dehors, il n’y a aucun doute qu’ils poursuivront leur engagement citoyen. En réalité, ces derniers étaient pris en otage et leurs ravisseurs ne doivent pas s’imaginer que la rançon de leur libération pourrait être le maintien de l’actuel président à travers un accord politique et un gouvernement de transition, nous ne l’accepterons pas, l’article 64 de la Constitution sera alors appliquée.

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