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La traversée sous protection rapprochée du général-major Kabila vers 2019

Attention, ça risque de faire mal. Plus fort résonne un tam-tam, dit un proverbe swahili, plus de risque il a d’éclater (Ngoma ikiwa butamu, ni karibu kupasuka). Alors que le Congo semble se calmer, puisque Joseph Kabila vient de présenter un candidat à la présidentielle, le doute sur ses intentions n’en finit pas d’alimenter les conversations.

Et si les élections n’ont pas lieu le 23 décembre 2018 comme prévu ? Voilà une bonne mauvaise question. Certes, Joseph Kabila répète que les élections auront bel et bien lieu. Pourtant, ses récents actes ne soutiennent pas du tout ses déclarations. Par exemple, il a réhabilité deux généraux controversés : John Numbi et Amisi dit Tango Four. Comme pour dire aux Congolais : « Je pars, mais je reste encore avec vous au pouvoir. » Encore que le chef de l’Etat reste en place tant qu’un autre n’aura pas été élu et investi.

Le général John Numbi fait l’objet d’accusations d’implication dans la répression politique et la corruption électorale, d’après l’Occident qui l’a visé par des sanctions économiques. Les défenseurs des droits de l’homme lui collent en plus la mort du défenseur des droits humains, Floribert Chebeya assassiné le 2 juin 2010. Le second, le général Amisi, est lui aussi accusé de répression. Tactiquement, les frères d’armes de l’ex-général major Joseph Kabila, reviennent au pouvoir pour « gérer » la situation.

Il y a aussi le général major Joseph Kabila

Ayant renoncé à son statut de militaire en 2006 – la Constitution congolaise n’acceptant pas de soldats en politique – le chef de l’Etat endosse de nouveau son uniforme de l’armée en 2018. Prêt à se battre ? Mais contre qui ? Et c’est là qu’apparaît le soupçon d’une épreuve de force, pour les partisans de l’idée d’un retrait tactique du président Kabila. Pour cela, il aurait volontairement choisi un dauphin contestable, Emmanuel Ramzani Shadary, facile à écarter du processus électoral pour incompatibilité, d’après le journal La Libre Belgique.

On sait, par exemple, que Shadary, un ancien ministre de l’Intérieur, est lui aussi visé par des sanctions occidentales pour son implication dans la répression et le retardement des élections. Sous son mandat, des violences ont éclaté dans les Kasaï, des enquêteurs onusiens assassinés dans la région. Quoique membre de la majorité au pouvoir, Shadary s’est pourtant présenté en candidat indépendant à la présidentielle.

Solidarité des frères d’armes

Dans tous les cas, si véritablement Kabila part après les élections, il a placé à des postes stratégiques ses généraux, Numbi et Amisi, pour veiller au grain. Ils seront là comme ses yeux, ses oreilles, et ses mains. Ils sont là aussi, pour éviter qu’un jour ils soient envoyés à la Cour pénale internationale. C’est probablement Kabila qui va continuer à exercer un contrôle sur le président qui sera élu, si ce dernier s’appelle Shadary.

Dans l’hypothèse de son maintien jusqu’en 2019, l’actuel président sera tenté de jouer une fois de plus les prolongations tant le risque d’un nouveau report des élections est constamment évoqué, en raison d’un financement encore incertain à un peu plus de 3 mois des élections.

 


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