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Victime des licenciements abusifs de 1992 à la Gécamines

Ancien employé de la Gécamines, société minière basée à Lubumbashi, Jean-Chrysostome Tshibanda raconte sa mésaventure. Il se souvient avoir été victime d’un licenciement plus que révoltant. Aujourd’hui encore, il constate que les licenciements abusifs n’ont pas cessé au Katanga.

Cette année-là (1992), nous étions six mille ressortissants du Kasaï, chassés des installations de la Gécamines et considérés ensuite comme « déserteurs ». C’était le cas même pour ceux qui étaient malades ou en congé ! Un vieil événement ? Non, pas pour moi ! Je m’en souviens encore, alors qu’aujourd’hui des travailleurs sont traités presque de la même manière par des sociétés minières privées. Les grèves qui autrefois étaient très redoutées, ne font plus peur aux employeurs.

Exclu de la Gécamines, puis accusé de désertion

D’abord, c’est la consternation dans les rangs des « départs volontaires », c’est à dire ces travailleurs qui, au moment où la Gécamines était exsangue, avaient accepté de quitter librement la société. Ils n’ont pas touché le juste décompte final pour ce départ « volontaire » . Je les vois encore courir les rues pour revendiquer leurs droits.

Mais on semble avoir oublié les départs involontaires, ceux de 1992. Pour assumer l’irrégularité de ce coup de balais, ces départs n’ont été considérés comme des désertions que trois ans après. De partout où ils étaient, ils pouvaient revenir à Lubumbashi pour toucher leur décompte final digne des déserteurs! Plusieurs étaient déjà morts, d’autres ne pouvaient pas se déplacer. Dans tous les cas, c’était perdu et fini. Il fallait oublier.

Je recevrai un décompte final au taux de 1992 à la Gécamines

Quant à moi, 25 ans après ces événements de triste mémoire, je vais avoir le grand bonheur de toucher enfin mon décompte final. Hélas c’est un montant dérisoire. On me parle d’un décompte final calculé au taux du dollar de 1992 ! Juste l’équivalent de moins d’un mois du salaire d’un opérateur d’engins miniers d’une grande entreprise comme la Gécamines. Pourtant, j’étais cadre, avec une ancienneté de 29 ans !

Même déconvenue à l’INSS (Institut national de sécurité sociale) où l’on m’a fait savoir que dix ans après, mes prestations sociales sont tombées caduques. J’avais contribué pour rien à cette institution de « sécurité sociale » pourtant obligatoire.

Pour rappel, ce qui s’est  passé en 1992 avait été décidé par des politiciens pour déstabiliser les originaires du Kasaï basés au Katanga afin de les renvoyer chez eux. Cela, dans le but d’affaiblir l’opposant Etienne Tshisekedi, alors vu comme menace au régime de Mobutu.

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