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Campus zéro sachet : les étudiants nettoient l’université de Lubumbashi

L’image est forte et plus parlante. Des étudiants, en années terminales et ceux d’autres promotions, sous une pluie fine, ramassent des déchets plastiques sur le campus de l’Université de Lubumbashi en RDC. « Campus zéro sachet », c’est le nom donné à cette initiative.

« Aujourd’hui, nous assistons à une journée sans plastique, explique Edouard, délégué des étudiants de la faculté des lettres. Et nous sommes en train de ramasser les objets plastiques ici au campus et dans nos facultés respectives ». Ce finaliste de licence en journalisme, distribue des gants latex à ses camardes. Et ils s’en servent pour se protéger des microbes, car ils plongent parfois leurs mains dans de la mare.

Pendant ce temps-là, d’autres étudiants, par équipes de deux personnes et tenant un sac noir où ils glissent des sachets et autres objets plastiques, parcourent la cour devant la faculté de droit. C’est là que la campagne vient d’être lancée, par une association d’étudiants.

 « Nous ne voulons plus voir des plastiques dans notre université », explique un volontaire, mains couvertes de gants blancs. Tout en évacuant des bouteilles de boissons sucrées laissées sur un terrain de gymnastique, il poursuit : « Il faut être responsable. On ne devrait pas attendre le président de la République ou le recteur pour travailler à notre place. »

Accompagné d’une jeune fille, sans protection pour ses cheveux exposés à la pluie, des étudiants parcourent une vaste cour de pelouse. Lorsqu’ils rejoignent un dépôt de circonstance, ils y rangent leur grand sac de sachets. « On ne peut pas vivre dans un endroit sale comme ça », se plaint la jeune fille. Avant d’ajouter : « Le développement ne commence pas toujours par le haut. Il peut commencer par nous, les jeunes. »

Mettre la main à la pâte

Puis, elle fonce, ironique : « C’est bien beau de chanter [dans l’hymne national de la RDC, NDLR] qu’on rendra ce pays plus beau qu’avant alors qu’on est là, à croiser les bras. Si au moins, nous jeunes on met la main à la pâte ! […] Rendons au moins ce lieu propre. »

Plusieurs autres étudiants, le même samedi, ont rejoint volontairement la campagne « campus zéro sachet ». Ils ont, après avoir donné le ton à la faculté de droit, fait le tour d’autres facultés sur les cités universitaires, en commençant par les sciences sociales.

« Ce n’est pas bien de laisser trainer la saleté, explique Edouard, le délégué de la faculté des lettres. On ne peut pas vivre dans un environnement qui n’est pas sain. Nous personnellement, ça nous fait mal de ramasser ce que les autres ont jeté, mais c’est aussi un message pour les autres. Qu’ils ne jettent plus rien ».

Parler au cœur et à la raison, atteindre tous les étudiants 

« D’ici à une année, les étudiants vont comprendre qu’il ne faut pas polluer son environnement », assure un autre étudiant.

Tous des jeunes de 18 à moins de 30 ans, ont ainsi décidé de montrer qu’il est possible, mais surtout urgent, de faire reculer les sachets plastiques au Congo. En commençant par le campus de leur université. Ils ont voulu parler à la fois à la raison et au cœur, en bravant la pluie.

A Lubumbashi, comme dans plusieurs grandes villes congolaises, le plastique s’impose partout et constitue l’objet le plus visible partout où traînent les ordures.

 

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Les commentaires récents (3)

  1. Voilà les actions qui nous anime d’espoir et de confiance en cette génération qui est la notre. Pensons local pour un agit global. Peace 🌲🌳🌲🌳🌲