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19 septembre : on se réveille ou l’on s’endort ?

L’article 73 de la Constitution de la RDC stipule que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) doit convoquer l’élection présidentielle quatre-vingt-dix jours avant l’expiration du mandat de président en exercice. Visiblement, la CENI est à des milliers de kilomètres du respect de cet article. Evoquant plusieurs raisons d’ordre technique. Surtout, le rejet des calendriers électoraux précédents par les partis de l’opposition.

Le dialogue semble piétiner, tendant à se prolonger même au-delà du délai prévu. Et si la CENI ne convoquait pas ce scrutin ? Peut-on envisager le début d’un printemps congolais ? Ou faudra-t-il se plier aux recommandations qui vont ressortir du dialogue même si elles violent cette Constitution ?

A Bukavu, c’est le suspense total. Une certaine opinion est favorable à un éventuel gouvernement de transition qui découlerait des compromis du dialogue national. « Au lieu de voir le pays sombrer dans le chaos, mieux vaut accepter pacifiquement, une courte période de transition qui pourra permettre au président Joseph Kabila et à sa majorité présidentielle d’organiser les élections et plier bagages, estime Milenge 25 ans, étudiant finaliste en sciences politiques à Bukavu. De toute façon, l’opposition et la majorité, sont tous responsables de la situation actuelle du pays. »

Mourir à petit feu ou se libérer 

Faut-il rester calme ou passer à l’action à partir de ce lundi 19 septembre ? Le sujet alimente les conversations dans les rues, restaurants, salons de coiffure et même dans les marchés de Bukavu. Parfois, les jeunes sont violents lorsqu’ils en parlent.

J’ai entendu un groupe de jeunes motards adressant une mise en garde aux policiers en patrouille à Nyawera.

« Je vous préviens de circuler en tenue civile à partir du 19 septembre. Sinon, si vous osez dandiner encore sur cette route comme ça avec vos lacrymogènes pour nous empêcher de nous exprimer à revendiquer le respect de notre Constitution, vous en aurez pour votre compte. Et c’est vous qui avalerez tous ces gaz ! », s’est écrié l’un des animateurs du groupe.

L’un des policiers, réplique : « Attendons les  compromis du dialogue. En plus, nous sommes sous commandement. Et donc, nous attendrons le mot d’ordre, chers frères. Nous aussi nous souffrons comme vous. »

Est-ce le début d’un printemps congolais ?

Pourquoi pas ? En tenant compte de la manière dont certaines forces vives manifestent leur résistance contre les résolutions futures du dialogue, c’est une hypothèse à envisager. La Lucha, Filimbi, le Réveil des indignés, etc. : tous plaident pour le respect de la Constitution et le délai d’organisation de l’élection présidentielle.

« Nous sommes prêts pour le changement des choses en RDC. Plusieurs d’entre nous ont déjà embrassé la porte de la prison. Mais nous n’allons pas nous courber devant l’arbitraire pour arrêter notre lutte. S’il faut commencer notre printemps congolais jusqu’à la lutte suprême, nous sommes prêts ! Ces politiciens sont mal habitués », criaient des militants lors d’un rassemblement à Bukavu.

Cette position n’est pas la même partout. « Nous sommes un peuple Bantou. Le Muntu a peur de la mort. Il se caractérise par la sauvegarde de la vie, le plus longtemps possible. Raison pour laquelle quand on tire même une bombe lacrymogène, on se sauve au lieu d’affronter le danger. Ce printemps congolais n’est-il pas voué à l’échec d’avance ? », s’interroge une analyste des questions sociales à Bukavu.

Début de la répression

Les partis politiques de l’opposition et plusieurs organisations de la société civile appellent la population congolaise à se lever comme un seul homme pour faire un sit-in devant les bureaux de la CENI, ce lundi 19 septembre, afin d’exiger la convocation de l’élection présidentielle.

« Ce dialogue n’est pas clair ! Nous constatons que ceux qui sont là ne visent que leurs propres intérêts. Ils veulent un compromis pour massacrer la Constitution. Nous ne serons jamais concernés par un tel compromis. C’est le temps de nous lever pour défendre la démocratie dans notre pays. Sinon, on va s’endormir pour toujours ! », me confie un responsable d’une organisation de la société civile.

On reste curieux de savoir si cette manifestation sera encore réprimée par la police, comme c’est devenu une habitude. Ce qui risquerait de mettre de l’huile sur le feu. Ou peut être la manifestation sera bien encadrée. Croisons les petits doigts !

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Les commentaires récents (1)

  1. La peur n’a plus de place chez les kinois. Nous savons que dès que nous cedons aux fameuses résolutions du monologue de la MP,Kabila va se maintenir au pouvoir et c’est le règne de la dictature imposée.

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