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A Lubumbashi, la musique entre ciel et terre

Les artistes musiciens de Lubumbashi peinent à vivre de leur art. La création prolifère pourtant, mais vivre de son art relève du parcourt du combattant.

Depuis environ 2006, les villes de Likasi, Kolwezi ou Kalemie se vident de leurs artistes qui ont entendu résonner les airs de la prospérité dans la capitale de l’ancienne province du Katanga, Lubumbashi. Avec cet affluence des artistes de la région, Lubumbashi est désormais une école de musique dans un Congo où la rumba est reine. Mais cet eldorado en a fait déchanter plus d’un.

A Lubumbashi, un nouveau style de musique mélangeant « coupé décalé », Rap et RnB est apparu faisant presque oublier la Rumba « sacrée » qui siège à Kinshasa. Les créations musicales à Lubumbashi s’éloignent de ce style musical vu comme ancien, qui a pourtant vu naitre des légendes comme Bosco Mwenda wa Bayeke et Masengo Katiti, des dieux de la guitare sèche, chantant en solo le plus souvent.

Mais quoi qu’il en soit, la musique aujourd’hui a remodelé le visage de la ville. Elle apporte  un autre regard qui symbolise cette société en mutation qui tend à la « modernisation ». Certains artistes dénoncent cependant une mode qui dénude les habitants et qui ne respecte plus les mœurs. Tout cela pour peu de gloire et de revenus pour la majorité d’entre eux.

Du militantisme dans une ville saturée et étrangère

Ville cosmopolite, Lubumbashi attire des artistes qui composent de la musique en tout genre. La ville n’échappe guère aux influences anglophones à cause de sa position septentrionale qui ouvre directement à la Zambie et à la Tanzanie.

Les paroles de ces nouvelles musiques sont parfois étonnamment engagées ou osées et rencontrent un réel succès comme le titre « Honorable » de Tshumani Adassa. Dans cette chanson, l’artiste s’en prend à un député dormeur au parlement, qui revient dans son fief pour mentir à sa base électorale qui ne l’a pas vu depuis des lustres. A Lubumbashi, on chante aussi l’argent et ses excès, les ravages causés par le Sida ou le respect des personnes âgées. Parfois on assiste aussi à des affrontement entre des artistes qui se disent « originaires » de la ville et ceux considérés comme « étrangers ».

« Nous donnons tout, nous ne gagnons rien »

Aux dires des artistes, la musique se porte très bien, les contenus s’améliorent mais les acteurs vont mal. La musique ne paie pas, les entrées en salle sont rares et les disques sont piratés. « Nous donnons tout mais nous ne gagnons rien. Il est inconcevable de continuer ainsi et prétendre maintenir longtemps la culture locale en vie », explique l’artiste P-Son.

Les autorités semblent débordées, sans inspiration pour donner un second souffle à ce secteur tandis que les médias, les hôtels et les débits de boissons ne jouent pas le jeu, payant rarement les droits aux artistes pour la musique qu’ils diffusent.

 

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Les commentaires récents (4)

  1. suis trop touché par cette info,mais franchement faut pas que nos acteurs baissent les bras,en tout cas non.
    Suis contient qu’elle ne paye pas,cette sik mais qui sait !!!peut être demain on trouvra une solution…
    Perso suis rappeur,mais croyez moi,j ai espoir que tout sera pas pareil,y a un jour notre vie va changée…alors force à tout le monde,force à tout les artistes,merci

  2. Commentaire *le problème est que notre État doit s’impliquer premièrement pour sponsoriser les artistes et deuxièmement que les hôtels, bar … puisse commencer a payer le droit des artistes.