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2017, une année douloureuse au Kasaï-Oriental

L’année 2017 aura été l’une des pires périodes qu’ait jamais connu le Kasaï-Oriental. En dehors d’une crise économique sans précédent, la province a été endeuillée par la terreur des miliciens Kamuina Nsapu. Les libertés publiques ont été régulièrement étouffées par les autorités. Voici quelques faits saillants de l’année 2017 au Kasaï-Oriental.

La terreur de la milice Kamuina Nsapu

Le Kasaï-Oriental, à l’instar d’autres provinces de l’espace Grand Kasaï, n’a pas été épargnée par le phénomène Kamuina Nsapu. Cette milice, partie de la province du Kasaï-Central voisin, causant désolation en s’en prenant aux habitants et aux édifices publiques, symboles de l’Etat, a franchi les limites du Kasaï-Oriental en octobre 2016 par le territoire de Kabeya-Kamwanga. Le spectre de Kamuina Nsapu hantera la population du Kasaï-Oriental jusqu’en 2017. Certains chefs coutumiers feront allégeance à ce mouvement insurrectionnel, influençant même leurs sujets. Il s’ensuivront viols, vols, incendies d’habitations, des édifices publics et des bureaux d’enrôlement des électeurs. La milice sanguinaire a pour mode opératoire la décapitation.

Loin d’être une solution efficace au problème, le recours des autorités à l’armée inquiétera beaucoup plus la population en raison des nombreux dérapages des militaires. Cette crainte va s’avérer fondée avec le massacre de Muanza-Lomba en décembre 2016, et dont le procès interviendra en juin 2017, suite à une vidéo qui avait suscité l’indignation à travers le monde. Dans cette vidéo, on voyait les militaires tirer à bout portant sur des présumés miliciens désarmés. A l’issue de ce procès organisé par la cour militaire de Mbujimayi, sept des neuf militaires reconnus coupables de meurtre et dissipation de munitions de guerre, ont été condamnés à des peines de prison allant de 15 ans à la perpétuité. Cette dernière peine a été retenue pour les deux prévenus en fuite.

Depuis que le collectif de la défense s’est engagé à faire appel auprès de la Haute-Cour militaire, le dossier n’avance plus. Les autorités provinciales, sur demande du chef de l’Etat, vont procéder du 22 au 24 juin 2017 à l’exposition des matériels saisis dans la traque des miliciens Kamuina Nsapu, sur la Grand-Place de la poste à Mbujimayi. Ce qui a drainé une foule de curieux. Cependant, le film sur les opérations de traque des miliciens projeté pour la circonstance donna lieu à des protestations des défenseurs des droits de l’Homme, obligeant le gouvernement central à interpeller le vice-gouverneur de province Jean Pierre Mutanda.

Au courant du même mois de juin, trois agents de la Commission électorale indépendante (Céni) ont été enlevés au groupement de Bena Tshisuaka, en territoire de Tshilenge par les présumés miliciens Kamuina Nsapu. Conséquence : la Céni suspendra l’opération d’enrôlement dans cette zone, pour la reprendre près de deux mois après ; les démarches entreprises pour leur libération se sont avérées vaines jusqu’à présent. Comme si cela ne suffisait pas, le chef coutumier Mukendi Muzembe du groupement de Bena Mpunga sera égorgé par ces miliciens et sa tête emportée vers une destination inconnue. C’est en cette période que le président Joseph Kabila est venu à Mbujimayi via Kananga. Une visite dite « de consolation » de la population du Kasaï-Oriental, meurtrie par ce que le pouvoir a appelé le mouvement terroriste Kamuina Nsapu.

Il a été reproché au chef de l’Etat de s’être limité à Mbujimayi, au lieu d’aller dans les zones les plus touchées comme Miabi, Kabeya Kamwanga, Bena Tshiswaka, etc. En octobre, l’arrestation d’un des présumés chefs de milice Kamuina Nsapu, le général autoproclamé Tshilenge recherché depuis 4 mois, mettra définitivement fin au feuilleton Kamuina Nsapu, déclarera le ministre provincial de l’Intérieur Charledoux Mbuyi à la presse.

Le spectre du choléra

Annoncée comme la pire épidémie que la RDC ait jamais connue, le choléra a fait trembler le Kasaï-Oriental, mais au final, plus de peur que de mal. La maladie est restée cantonnée dans la province de Lomami voisine sans jamais entrer au Kasaï-Oriental. Néanmoins, les Kasaïens ont vécu ces trois derniers mois dans la psychose de se voir contaminer. Des mesures préventives ont été prises par les autorités provinciales avec le concours des partenaires de santé pour contrer la maladie. Au final, aucun cas de choléra n’a été enregistré à Mbujimayi ni dans toute la province. Les quelques alertes signalées se sont avérées être des cas de diarrhée simple après vérification, avait rapporté Marie Albert Tshizemba, chef de division provinciale de la santé.

Le vrai faux enlèvement de l’avocat et opposant John Mbombo

L’année 2017 à Mbujimayi aura été également marquée par les manifestations de l’opposition, interdites par le pouvoir et réprimées par les forces de l’ordre. Le maire de Mbujimayi avait publié un arrêté interdisant toute manifestation à caractère politique dans les rues. C’est dans ce cadre que l’enlèvement de Maître John Mbombo, la veille de la marche du 30 novembre 2017, a été sujet à polémique entre le pouvoir et la coordination provinciale du Rassemblement de l’opposition. Celle-ci affirme que son porte-parole a été enlevé et jeté dans le ravin Mbala wa Tshitolo, à cause de ses prises de position politique. Par contre, pour le gouverneur de province Alphonse Ngoyi Kasanji,  « ce prétendu enlèvement est une mascarade montée de toutes pièces ». Selon lui, John Mbombo aurait eu un problème personnel qu’il connaît bien, qui l’aurait poussé à monter un stratagème pour déjouer la vigilance.

Le stade Kashala Bonzola

Considéré comme la plus grande réalisation du gouverneur Alphonse Ngoyi Kasanji, le stade Kashala Bonzola, en chantier depuis trois ans, a vu son terrain revêtu de gazon synthétique en novembre 2017. Son initiateur ne jure que par sa détermination à terminer cet ouvrage qui a accusé du retard suite aux problèmes financiers. Plus de 10 millions de dollars ont déjà été dépensés dans la construction de ce stade dans l’espoir d’accueillir les compétitions nationales et internationales en 2018.

 


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