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L’argent, le maître du jeu électoral ?

L’argent mis au centre au lieu d’être une exception. Douze ans après l’initiatique exercice électoral de l’année 2006, il est encore un maître au cœur du jeu électoral. En réalité, l’argent est même consubstantiel à l’élection en RDC. Il ne sert pas qu’à payer la caution pour faire acte de candidature, ou à financer la campagne électorale.

Etonnant auxiliaire devenu pierre angulaire, l’argent, mieux l’usage qu’on en fait en campagne électorale, sert à mobiliser vers soi, à gagner les consciences, à s’acheter le fard de la crédibilité et du sérieux. On lui prête aussi le pouvoir de motiver les intentions de vote. Finalement, il fait même élire les candidats. Et pas seulement au Congo, rassurez-vous.

Je pariais que la donne changerait cette fois. Je prédisais un peu moins d’envergure au charme de l’argent que sur les précédentes élections. Devant le constat d’échec de l’action politique, alors que s‘accroit le dépit social, j’imaginais une campagne axée sur l’offre politique. Une campagne électorale ouverte aux perspectives du changement et aux profils des personnes à même de travailler à la réalisation des aspirations communes.

Cela aurait été, de la part des mouvances politiques, un signal fort de considération des aspirations d’un peuple meurtri qui attend infiniment. Pourtant, l’arme qu’est l’argent l’emporte encore. L’argent braque les projecteurs sur ceux qui le possèdent, et jette de l’ombre sur ceux qui ont le portefeuille peu garni. Regardez seulement qui se pavane dans l’audiovisuel congolais. Ce ne sont pas toujours, hélas, ceux qui ont des idées géniales.

Argent pour tout acheter

Le diktat des gros portefeuilles a aussi imprimé un rythme et des règles. Il en a tracé les périmètres et inventé la boussole. Le règlement d’ordre qu’il a institué est à mon avis le suivant : « Tout contact entre candidat et électeurs se doit de se terminer sur un partage de billets de banque et de cadeaux divers. » Tout candidat face à son électorat doit offrir de l’argent. La réalité est telle qu’elle fait dire à certains parmi les électeurs : « Mieux vaut la fin d’un meeting électoral que son déroulement ! »

Le sérieux et le crédit dont jouissent les candidats sont alors souvent jugés, non pas sur la base de leurs discours et de leurs projets politiques, mais sur la satisfaction que leurs sympathisants tirent de ce qu’on leur offre quand se conclut un meeting de campagne électorale.

L’impérium de l’argent étouffe les projets politiques et les profils de ceux dont les portemonnaies sont le moins remplis. Cet imperium trouve également la complicité parfois passive mais tout aussi coupable de certains acteurs sociaux, notamment les artistes et les hommes des médias qui n’ont pas trouvé meilleures inspirations que de monnayer leurs services, en échange de leur crédibilité.

 

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