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Avortements clandestins : les dangers de l’automédication

Il est interdit d’avorter en République démocratique du Congo. Sauf pour quelques exceptions rares qui mettent en danger la vie de la mère. Pourtant les chiffres sur des avortements clandestins sont alarmants chaque année. Cela est dû à la vente clandestine et sans ordonnance des produits abortifs. Ces médicaments sont malheureusement à la portée de toute personne.

À Kinshasa, plus de 150 000 avortements clandestins ont été enregistrés, rien que pour l’année 2016. Dans le contexte congolais, où la vie est chère et où certaines pressions sociales ridicules continuent de régner en maîtres, la grossesse n’est pas toujours une bonne nouvelle. Pour une famille nombreuse et avec un faible revenu, une nouvelle grossesse est vue comme une menace, et de nouvelles dépenses. Pour les non-mariés, c’est une honte pour sa famille que de tomber enceinte. Pour une fille, cela signifie parfois arrêter ses études et mettre en péril son avenir. Pour un garçon, c’est un risque d’emprisonnement ou simplement une responsabilité qu’il n’est pas prêt à assumer. Et c’est là qu’interviennent des avortements clandestins.

Recours aux effets secondaires d’un médicament

En vue de faire des avortements clandestins, les clients vont vers des pharmaciens véreux. Ils versent des billets de banque et ces derniers leur donnent ce qu’il faut pour avorter. Dans certains hôpitaux, des infirmier ou des médecins détournent des médicaments prévus pour des avortements thérapeutiques au profit de leurs clients. Mais comme tout est fait en cachette, il n’y a pas de suivi après ces avortements. Pourtant, un avortement avec des produits abortifs n’est conseillé que pendant les 12 semaines de la grossesse. Donc 3 mois au maximum. Au-delà, il faut un avortement chirurgical. Or, cela n’est pas respecté du tout. Même à 6 mois de grossesse, certaines filles ou femmes se laissent tentées par des comprimés, car moins chers et faciles à trouver. Et comme il n’y a pas de suivi après un tel avortement, cela met en danger leur vie.

Il existe aussi un autre type d’avortement, c’est celui où des pharmaciens donnent aux femmes toute une panoplie de médicaments contre-indiqués pour la femme enceinte dans l’objectif que les effets secondaires entrainent l’avortement. Ici les effets secondaires sont donc recherchés plutôt que l’effet curatif.

Automédication et avortements non désirés

Dans le mental du Congolais, les soins sont chers. On ne va à l’hôpital que quand on ne peut plus se soigner à la maison. Les consultations représentent des fois tout un mois de salaire pour certains. C’est ainsi que plusieurs femmes ne vont pas faire des consultations prénatales. Pourtant dans plusieurs hôpitaux, ces dernières sont gratuites ! Du coup, plusieurs femmes ignorent l’évolution de leurs grossesses et les comportements à risque qu’il faut éviter.

Avec le reflexe d’automédication, certaines femmes prennent des médicaments qui sont dangereux pour leurs grossesses. Beaucoup se sont ainsi retrouvées à faire une fausse couche sans le vouloir, car elles ont acheté des médicaments sans en connaitre les effets secondaires.

Il faut un vrai contrôle pharmaceutique pour décourager les avortements clandestins, en attendant que la loi puisse peut-être évoluer vers l’acceptation de l’avortement comme droit de la femme à disposer de son corps.

 

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