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Emmanuel Ramazani Shadary, nouvel homme fort de la majorité présidentielle

Enfin le suspense est levé sur le candidat de la majorité à la présidentielle de décembre. C’est officiel, Joseph Kabila ne se représentera pas  pour un troisième mandat. Le chef de l’État a jeté son dévolu sur son ancien ministre de l’Intérieur, Emmanuel Ramazani Shadary. C’est donc cet homme actuellement secrétaire permanent du PPRD qui défendra les couleurs de la famille politique de Joseph Kabila à l’élection présidentielle.

Beaucoup dans la majorité présidentielle ne s’y attendaient pas. Ils croyaient que Kabila lui-même serait candidat à sa propre succession, où qu’il désignerait son dauphin parmi des personnalités très influentes comme Matata Ponyo, Aubin Minaku, Adolphe Mozito… Finalement le chef de l’État a pris de court sa propre majorité en présentant Ramazani Shadary comme le candidat de sa plateforme électorale dénommée le Front commun pour le Congo (FCC). Lambert Mende, en sa qualité de porte-parole du gouvernement, l’a confirmé haut et fort sur RFI, levant tous les doutes qui subsistaient encore.

L’annonce du nom de Shadary a sonné comme un véritable séisme au sein de la majorité, tout comme dans l’opinion. Certains y voient même une trahison du chef de l’État. Il y a fort à craindre que des personnalités qui avaient des ambitions présidentielles dans cette majorité, claquent un jour la porte et rallient l’opposition, ou créent leur propre plateforme politique. Bref, la bonne nouvelle dans tous ces scénarios c’est qu’il n’y aura pas de troisième mandat pour Joseph Kabila.

Un homme quasi inconnu du grand public en RDC

Depuis son départ du ministère de l’Intérieur, Ramazani Shadary avait parcouru plusieurs provinces congolaises, en parlant de Joseph Kabila comme d’un « président élu et éligible ». Un discours sans doute risqué, dans un contexte explosif, où chaque semaine amenait son lot de pressions sur le régime. Pressions internes, pressions des internautes, des mouvements citoyens, à Kinshasa et à Goma. Pressions également de l’opposition et de la communauté internationale. Pas plus tard qu’il y a deux jours, les États-Unis ont renouvelé leurs menaces de sanctions si Kabila se représentait pour un troisième mandat. 

Au final, les pressions auront été productives, puisqu’on peut dire que Kabila a cédé. En refusant de se représenter, le chef de l’État vient d’éviter au Congo de nouvelles violences. Bien plus, Kabila va peut-être quitter le pouvoir différemment de Laurent Gbagbo et Robert Mugabe. Il lui aura fallu certainement du courage pour y arriver. Même s’il l’a fait probablement contre son gré. Mais il sait qu’un jour, il pourrait être inquiété pour des événements ayant précédé son départ du pouvoir.

 


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