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La Cenco sort de son silence et désavoue la nomination de Bruno Tshibala

Elle était jusque-là la seule force restée silencieuse depuis la nomination de Bruno Tshibala au poste de Premier ministre.  La Cenco s’est enfin exprimée ce vendredi 21 avril. Elle désavoue la nomination de Bruno Tshibala.

Alors que plusieurs voix s’étaient élevées contre le choix porté par Joseph Kabila sur Bruno Tshibala comme nouveau Premier ministre, le long silence de la Cenco suscitait plusieurs interrogations. Nombreux pensaient même que les évêques, après avoir rendu le tablier dans les négociations, n’avaient plus aucun mot à dire sur la crise congolaise.

La Cenco renvoie dos-à-dos Kabila et Tshibala

Aujourd’hui la Cenco refait surface et ne mâche pas les mots. Son secrétaire général Abbé Donatien Nsholé met le pied dans le plat, accusant le président Kabila de non respect de l’accord politique de la Saint-Sylvestre. Selon Donatien Nsholé, « la nomination de Bruno Tshibala est une entorse à l’accord du 31 décembre ».

L’abbé Nsholé pointe parmi les irrégularités le fait que le président Kabila n’ait pas rencontré le chef de la délégation du Rassemblement de l’opposition, sous-entendu Félix Tshisekedi. La Cenco dénonce également la non-application des mesures de décrispation politique convenues dans l’accord. Ces mesures visent l’abandon des poursuites judiciaires en faveur des opposants tels que Moïse Katumbi et Jean-Claude Muyambo.

Le point de vue du médiateur tranche

Il n’y a plus à tergiverser. Le médiateur (Cenco) vient de trancher. Son point de vue rejoint celui de la Belgique, de l’Union européenne et des États-Unis qui tous ont déploré le fait que la nomination de Bruno Tshibala ne respecte pas l’accord du 31 décembre. Par cette intervention, la Cenco rejette en même temps l’aile dissidente du Rassemblement menée par Joseph Olenghankoy et enlève toute confusion. En tant que médiateur, la Cenco connaît mieux et sans évoque les vraies parties prenantes au dialogue du Centre interdiocésain. Encore une fois, les évêques font un camouflet au président Kabila auteur compositeur de l’entorse dénoncée par l’abbé Nsholé.

La réaction de la majorité présidentielle ne s’est pas faite attendre. Son secrétaire général Aubin Minaku, qui s’exprimait sur RFI, estime que la médiation de la Cenco était déjà terminée. Pour Aubin Minaku, en nommant Bruno Tshibala Premier ministre, le chef de l’État a bel et bien respecté l’accord de la Saint-Sylvestre.

Bruno Tshibala ferait mieux de démissionner

Face à un désaveu désormais généralisé contre lui, Bruno Tshibala, s’il est sincère, sait qu’il lui sera difficile de réussir sa mission comme Premier ministre. Pourquoi ne pas démissionner pour éviter de faire perdre encore du temps aux Congolais ?

Cette prise de positions sans ambages de la Conférence épiscopale nationale du Congo isole Bruno Tshibala qui ne peut plus se prévaloir d’être l’émanation  de l’accord de la Saint-Sylvestre. Sous d’autres cieux, on démissionne, mais au Congo on s’accroche. C’est ce qu’ a fait Samy Badibanga à l’époque, et c’est le même schéma suivi par Tshibala. Pendant ce temps, Kabila gagne du temps au pouvoir.

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