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Covid-19 : les 4 erreurs qui risquent de coûter cher à la RDC

Jusqu’à ce jour, la réponse congolaise à la pandémie du Covid-19 boitille. La cacophonie autour de la communication, le confinement avorté de Kinshasa, etc. Autant d’exemples qui illustrent une triste réalité potentiellement fatale. Il faut reconnaître nos erreurs et agir pour limiter les dégâts.

Dans la lutte contre la propagation du Covid-19, on doit éviter au maximum les tergiversations. Malheureusement en RDC, depuis le début de la pandémie, nous accumulons jour après jour des erreurs qui risquent d’être fatales. Voici quatre erreurs plus grandes qui peuvent nous coûter très cher.

     1. Pas de quarantaine systématique et obligatoire

Au début du mois de février, face à la progression du Covid-19 dans le monde, le Premier ministre Ilunkamba avait réuni ministres et experts en santé publique pour prendre des mesures nécessaires. Parmi ces mesures, il y avait notamment la mise en quarantaine systématique de tout voyageur « présentant des signes de la maladie ».

Or, mettre en quarantaine uniquement les voyageurs suspects était une impudence à mon avis. Je le dis pour deux raisons : l’incubation, temps qui s’écoule entre la contamination et la manifestation des signes, est en moyenne de 14 jours. Et donc des personnes contaminées circuleront donc librement. Conséquence : certaines personnes infectées et ne présentant aucun symptôme, peuvent transmettre le coronavirus.

La RDC devait plutôt miser sur la mise en quarantaine « systématique et obligatoire » de toute personne venant d’une zone touchée.

     2. Une communication boiteuse

Depuis que le Covid-19 a touché la RDC, la communication autour de la riposte est jusque-là caractérisée par une cacophonie terrible. Les exemples sont nombreux : d’abord l’entrée en matière ratée du ministre de la Santé lors de l’annonce du premier cas. Mais aussi la confusion autour des cas suspectés à Lubumbashi, qui a donné lieu à deux jours de confinements, etc.

Les maladresses qui s’accumulent jour après jour dans ce domaine donnent du grain à moudre aux plus sceptiques. Cette communication boiteuse renforce les spéculations et alimente les théories du complot. Surtout, elle freine tous les efforts fournis, notamment l’effort visant à faire adhérer la population aux mesures de protection déjà prises.

     3. Confinement reporté qui multiplie le risque

C’est dans cette ambiance morose que Gentiny Ngobila (gouverneur de Kinshasa) annonce une idée de « génie » : il décide de placer la capitale dans un « confinement total et intermittent ». Mais son gouvernement décide de faire marche en arrière 48 heures après.

Le mal est fait. La confiance envers les autorités est de plus en plus écornée. Les spéculations vont bon train. Mais ce ne sont pas les seules conséquences de ce confinement avorté. La veille de son entrée en vigueur, le vendredi 27 mars, les Kinois ont pris d’assaut les marchés pour leurs provisions. Cet engouement a réduit l’observation des mesures barrières et a donc augmenté le risque d’exposition au coronavirus.

Il faut noter aussi qu’en plus du manque des mesures d’accompagnement socioéconomique, le format de cette mesure (4 jours de confinement suivi de 2 jours de ravitaillement) n’avait aucun soubassement scientifique, car la recommandation de l’OMS est de 14 jours de confinement.

     4. Manque d’un leadership responsable

Malgré les deux messages à la nation de Felix Tshisekedi et la prise en main de la riposte par le célèbre virologue Jean Jacques Muyembe, on a l’impression que c’est « le vide » qui persiste comme l’a si bien dit le cardinal Fridolin Ambongo. Le bateau manque visiblement de gouvernail. Que de signaux négatifs, jusqu’au point de s’interroger si nous ne sommes pas déjà dans un système de « chacun pour soi, Dieu pour tous ».

Je pense qu’avec un « leadership responsable » à tous les niveaux, les erreurs susmentionnées pouvaient être évitées. Puisque chaque décision serait précédée d’une réflexion approfondie. Un bon leadership aurait pu nous éviter les tâtonnements observés jusque-là.

Avant que la situation n’empire et qu’il ne soit trop tard, nous devons apprendre de nos erreurs, et essayer de les réparer. Cela permettra de nous ranger sur le droit chemin pour vaincre ensemble la pandémie du Covid-19.

 

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Les commentaires récents (8)

  1. Les défauts de l’imprépartation et d’un système sanitaire parasitaire longtemps encadré et négligé nous démontre ses plus profondes conséquences. Tout n’est pas perdu du moins..

  2. Quand est ce que le confinement va avoir lieu finalement, cela nous permettrait au moins de s y préparer correctement. Les commerçants doivent aussi recevoir des directives afin de pouvoir ajuster correctement les stocks

  3. Au Congo RFC,
    Nous vivons au jour le jour,
    On ne peut pas s’approvisionner pour trois semaines, moins encore deux semaines…
    Mieux vaut mourir de cette maladie imaginaire que de la famine réelle.

  4. Au Congo RDC,
    Nous vivons au jour le jour,
    On ne peut pas s’approvisionner pour trois semaines, moins encore deux semaines…
    Mieux vaut mourir de cette maladie imaginaire que de la famine réelle.